Les experts de Xerfi-Precepta prévoient un recul (-1,5 %) du chiffre d’affaires du panel des coopératives agricoles en 2016, selon un communiqué le 14 octobre. Le bureau d’étude vient de publier un dossier sur les coopératives agricoles intitulées « Quels leviers de croissance et compétitivité d’ici 2018 ? ». « Grandes ou petites, toutes les coopératives agricoles françaises ont connu des difficultés en 2014 et 2015 », selon les experts. Ainsi, le top 20 des coopératives a vu son chiffre d’affaires baisser de 1,4 % en 2014, puis de 4,9 % en 2015. Quant aux coopératives de moins de 150 M€, elles voient aussi leur chiffre d’affaires se réduire : -3,1 % en 2015 et -4 % en 2014. Pour les experts, « l’heure est au regroupement ». L’étude recommande entre autres de « faire évoluer le statut juridique » des coopératives. Elles sont de plus en plus amenées à chercher « du soutien du côté de l’investissement privé », notamment pour financer le regroupement des coopératives agricoles, précise l’étude. De fait, « les partenariats, fusions entre coopératives et autres acquisitions d’industriels privés se sont multipliés ces dernières années », soulignent les experts. En 2015, le volume des acquisitions a atteint 689 M€. L’étude illustre la tendance en citant l’intégration d’Eurial par Agrial, ou encore celle de Cordier par In Vivo dans le négoce du vin.
Autre axe de développement : l’international. Les six principales coopératives françaises réalisent à peine la moitié de leurs transactions à l’étranger, « alors que les volumes d’échanges internationaux atteignent respectivement 91 % et 78 % pour le danois Danish Crown et le néerlandais FrieslandCampina ». L’étude pointe les limites de la seule stratégie export à l’international et souligne les nouvelles tendances : « Le modèle reposant uniquement sur des exportations depuis la France risque d’atteindre ses limites à court terme, à cause des coûts liés à la logistique ou des mesures de protectionnisme. » Xerfi recommande de développer les stratégies d’implantation directe des groupes français à l’étranger. À titre d’exemple, Tereos a lancé la construction de deux usines en Chine pour fournir du glucose et de l’amidon aux industriels locaux, rapportent les experts.