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Si le rapport de Philippe Rouault sur l’agroalimentaire reflète les convictions des milieux gouvernementaux, ceux-ci semblent donc persuadés que les prix du lait payés aux producteurs sont trop élevés. Pour améliorer la compétitivité d’un secteur comme le lait il faudrait donc réduire les coûts d’achat de la matière première.
Les choses sont elles si simples ? L’industrie laitière a peut-être payé des prix plus élevés que chez nos voisins mais c’est justement la branche des IAA qui s’est le mieux comportée. Philippe Rouault indique qu’en lait et produits de laiterie, notre part de marché sur le moyen terme, est restée à peu près stable, autour de 11,5% - 12% entre 2004 et 2009. Celle de l’Allemagne est passée entre temps de 16% en 2004 à 14,5% en 2009. Notre solde commercial s’est même amélioré de 2 milliards d’euros en 2004 à 2,3 milliards en 2009.
Le cas des viandes est inverse. Là, les industriels français paient un peu moins cher les animaux abattus qu’en Allemagne. Et pourtant, c’est là que notre part de marché mondiale s’est le plus effritée, de 6,3% en 2004 à moins de 5% en 2009. Celle de l’Allemagne s’est au contraire améliorée .
De fait, l’évolution de nos positions concurrentielles, en agroalimentaire, répond à des réalités bien plus complexes que celle des matières premières, même si elles pèsent beaucoup dans les charges. D’ailleurs, Philippe Rouault parle aussi de structures d’entreprises, d’innovation, de financement, de talents de commerciaux. Les IAA, qui se plaignent de la pression des grandes surfaces empêchant de financer des investissements, devraient prendre garde à ne pas procéder de la même manière à l’égard de leurs propres fournisseurs.
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