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Prix alimentaires : Didier Guillaume promet des « sanctions pécuniaires » en cas d’anomalies

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Le ministre de l’Agriculture entend bien faire respecter la nouvelle loi alimentation par les distributeurs. Au total, 6 000 contrôles sont prévus par la DGCCRF et sur ceux déjà effectués, "des anomalies et des exagérations" ont été relevées.

Le ministre de l’Agriculture entend bien faire respecter la nouvelle loi alimentation par les distributeurs. Au total, 6 000 contrôles sont prévus par la DGCCRF et sur ceux déjà effectués, "des anomalies et des exagérations" ont été relevées.

La répression des fraudes a détecté "des anomalies et des exagérations" dans la grande distribution lors de 200 contrôles liés à la nouvelle loi Alimentation, qui feront l’objet de "sanctions pécuniaires", a annoncé le ministre de l’Agriculture dans l’émission Capital diffusée le 17 février sur M6. "Ce que nous demandons, c’est que les agriculteurs ne vendent pas au-dessous de leur prix de revient. Il y a un problème sur les céréales et sur la viande, cela ne peut pas continuer comme cela", a-t-il souligné. "Aujourd’hui, on achète (de la viande) à l’agriculteur 3 euros le kilo, ça lui revient à 5 euros, dans une grande surface, combien il vous coûte le kilo de bœuf ? 15 euros. Ça s’appelle un scandale absolu, ça s’appelle du racket", a encore dénoncé Didier Guillaume. "Nous avons demandé à la DGCCRF de faire des contrôles, ils vont faire 6 000 contrôles", a-t-il annoncé. Sur ceux déjà réalisés, "ils ont trouvé des anomalies, des exagérations, il y aura des sanctions pécuniaires".
Contactée par l’AFP, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) indique que son "programme d’enquêtes prévoit la réalisation d’un nombre important de contrôles", une "pratique constante de la DGCCRF, face à une nouvelle réglementation". Les premiers contrôles – réalisés auprès de 522 établissements, au 13 février – ont montré "une appropriation progressive, par les professionnels", de cette nouvelle réglementation entrée en vigueur au 1er janvier 2019, précise la DGCCRF.

Discours divergents

L’entrée en vigueur de la loi Alimentation en trois étapes, censée mieux rémunérer les producteurs, ne se fait pas sans accros. À en croire les industriels, les négociations commerciales actuellement en cours jusqu’au 28 février, ne montrent pas vraiment d’apaisement dans les discussions, alors que les distributeurs jurent le contraire. Entendus devant la commission des affaires économiques au Sénat le 13 février, soit une semaine après les représentants de l’industrie, les distributeurs ont en effet délivré un message assez différent de celui de leurs prédécesseurs. « Il est trop tôt pour voir une augmentation des prix mais clairement nous ne sommes pas dans une tendance à la déflation », a ainsi assuré Jacques Creyssel, président de la FCD (grande distribution). Thierry Cotillard, président d’Intermarché, assure même avoir donné des consignes de hausse de prix. Et Stéphane de Prunelé, secrétaire général du Mouvement E.Leclerc évoque une allonge de « plusieurs dizaines de millions d’euros par rapport à l’année dernière ».

Création d’un observatoire unique des négociations commerciales

Les services du médiateur des relations commerciales ont confirmé à Agra Presse le 18 février la création prochaine d’un observatoire unique des négociations commerciales placé sous son égide. Grâce à cet observatoire, le médiateur devrait pouvoir dresser, en avril, un bilan des négociations commerciales en cours. Actuellement, distributeurs et transformateurs privés comme coopératifs disposent chacun de leur propre observatoire dont les enseignements livrés au grand public ont tendance à diverger. « L’objectif est d’avoir une synthèse fiable et partagée alors que jusqu’ici il est difficile de comparer les données fournies par les différents acteurs », témoigne Olivier Cunin, en charge du dossier pour la médiation. En pratique, en plus de leur sondage propre, chaque fédération (Ania, Coop de France, Feef, Ilec, FCD, FCA) enverra un questionnaire unique à ses adhérents. Une partie des questions seront de type quantitatif : les prix sont-ils en inflation ? en déflation ? etc. D’autres seront qualitatives, elles porteront sur l’ambiance des négociations. Ensuite, « les données seront compilées et nous pourrons voir, si entre deux sources, des tendances émergent ou se confirment », explique-t-il.