Spécialiste brésilien de la production de caséine par fermentation, Future Cow va construire sa première usine industrielle cet automne, et ouvrir son capital en 2027.
La société brésilienne Future Cow est en passe de devenir le leader national de la production de protéines laitières par fermentation de précision. Cette start-up fondée en 2023 est soutenue par l’État fédéral du Brésil au sein du Centre national de la recherche fondamentale sur les énergies et matériaux (CNPEM).
Elle a levé jusqu’ici 2 millions d’euros auprès d’investisseurs privés et publics. Et elle produit déjà des échantillons dans des cuves de fermentation de 300 litres sur un prototype d’usine testé sur le site du CNPEM à Campinas, en banlieue de São Paulo.
Cette étape franchie, la société veut lancer une production à échelle industrielle dès le mois de novembre, indique le fondateur de Future Cow, Leonardo Vieira, le 28 août. Le financement de cette première usine provient de fonds propres détenus en cash par l'entreprise. Leonardo Vieira précise que cet outil « sera doté d’une cuve de 900 000 litres », sans préciser la capacité de production annuelle.
En quête de marchés B2B
Comme Standing Ovation en France, Future Cow vise le marché B2B avec des industriels laitiers. « Nous cherchons des partenariats avec des coopératives d’éleveurs laitiers du Brésil, notamment, pour qu’ils diversifient leur ligne de produits laitiers en y incorporant nos protéines », explique Leonardo Vieira. La start-up prévoit d’ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires « dans le courant de l’année 2027 », annonce-t-il par ailleurs.
Selon lui, être basé au Brésil offre le double avantage comparatif de disposer de ressources hydriques abondantes, et de sous-produits sucriers – nécessaires au procédé de fermentation – très bon marché, grâce aux industries nationales du sucre de canne et du bioéthanol de maïs pourvoyeuse de drêches.
Au niveau juridique, les institutions du Brésil semblent favoriser l’éclosion d’un marché des ingrédients issus de la fermentation de précision. L’autorité nationale de sécurité alimentaire (ANIVSA) a en effet créé, en 2023, un organisme d’évaluation et d’autorisation de tels ingrédients.
Reste à conquérir les marchés étrangers. « La partie régulatoire reste un obstacle tant que l’autorisation de mise sur le marché de nos protéines ne sera pas définitivement acquise, comme c’est déjà le cas aux États-Unis, à Singapour et en Israël », reconnaît Leonardo Vieira.
Lui et son associée, Rosana Goldbeck, sont parvenus à amener leur production initiale de 15 litres en laboratoire, il y a deux ans, à 5 000 litres aujourd’hui dans un prototype d’usine montée à Campinas, à São Paulo, dans le cadre du programme d’accélération du CNPEM.