L’avenir des quotas laitiers a fait l’objet d’un tir croisé l’autre jour à Copenhague, comme il s’en produira probablement de plus en plus d’ici 2015, si du moins ils subsistent jusque là ! L’occasion en était offerte par l’assemblée annuelle d’EDA, l’organisation européenne des industriels laitiers qui a réélu à sa présidence le directeur international du groupe finlandais Valio, mais qui surtout s’est mise au diapason du Danemark. Le ministre danois de l’Agriculture a été le plus explicite, avec les dirigeants du Danish Dairy Board, mais le représentant du commissaire Mariann Fischer Boel ne s’est guère démarqué de la même ligne ultra : puisque la réforme de la politique laitière européenne a pris un tour libéral, et quel que soit l’échec actuel des négociations à l’OMC, pourquoi rester au milieu du gué et ne pas tout démanteler tout de suite, soutiens internes (déjà l’aide à la caséine est passée sans crier gare au taux zéro), restitutions, prix de soutien et quotas eux-mêmes ?

Pourquoi attendre des révisions partielles à mi-parcours (2008) et s’obstiner sur l’horizon 2015 pour reconsidérer le système des quotas? Pareil schéma de compromis sur lequel la Commission et le Conseil se sont prononcés déjà n’est pas « sustainable » aux yeux de certains en Europe du Nord. Et ailleurs on a peu d’arguments à opposer : des objectifs sociaux ? d’aménagement du territoire ? d’exportation (à condition d’être à armes égales, donc d’avoir des restitutions) ? On craindrait d’avoir l’air d’empêcher la croissance et la compétitivité des exploitations et des industries alors que le marché mondial est en croissance… La médecine que propose le chef de cabinet de Mme Fischer Boel se contente de ménager des étapes, mais vise le même but, donner des gages à l’OMC.