Que s’est-il passé vraiment sur le Salon de l’agriculture ? François Hollande a-t-il été en butte à des légions d’agriculteurs furieux ? Le stand du ministère de l’Agriculture a-t-il subi une destruction totale ? Les blessés ont-ils marqué de leur rouge sang les allées du Salon ?

La réalité : samedi matin, huit heures, dans le hall 1 deux dizaines de producteurs de lait ont montré le dos de leur T-Shirt pour exprimer devant le président de la République la situation très difficile des éleveurs. La bousculade, inhérente à toute visite de président, a fait monter la tension et quelques mots, dont « démission » et d’autres moins politiques, pas toujours prononcés par les éleveurs, ont été lancés. Plus tard, devant le stand du ministère, les turbulents céréaliers de la FRSEA Ile-de-France ont voulu d’abord enrubanner une partie du stand puis démonter quelques objets, la plupart en carton. Énervement des forces de l’ordre qui croyaient François Holland à proximité. Le ton monte. Altercations. Une personne est blessée au visage. Quelques interpellations, des individus rapidement relâchés.

Dans les médias, des moins sérieux aux plus sérieux, seules ces images, amplement commentées, ont subsisté. Sur cinq heures de visite présidentielle, seules ces quelques minutes demeurent : le chef de l’État « hué et insulté », François Hollande qui a « raté son rendez-vous avec l’agriculture », etc. Le visage blessé a fait le tour de la France, en boucle, ce qui n’a sans doute pas encouragé les visiteurs potentiels.

Plus que sur les relations entre les agriculteurs et l’État, il faudrait peut-être s’interroger sur la manière dont les médias grand public traduisent un événement. Le « raison garder » n’est pas toujours au rendez-vous.