Dans l’après-midi du 17 juillet, les députés réunis en séance publique n’ont pas adopté la motion de rejet préalable du projet de loi de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), proposée par le groupe des socialistes et apparentés. Le texte a été rejeté à 136 voix contre et 110 voix pour (deux abstentions). « On a failli faire le coup de l’année ! », a commenté un élu au vu du scrutin serré. Un LR y a vu un signe de « fragilité » de la majorité sur ce texte et Matthieu Orphelin (ex-LREM) un « avertissement politique très fort » pour les prochains accords s’ils ne sont pas « meilleurs ». Lors de la discussion de la motion, seuls les groupes LREM et Modem ont affiché leur soutien à la ratification. Les discussions ont souvent porté sur les distorsions de concurrence dans le domaine agricole, et plus particulièrement en viande bovine. Le groupe UDI a notamment expliqué qu’il voterait en faveur de la ratification à condition que la viande bovine soit exclue de l’accord.
Le vote du texte devait initialement avoir lieu le 17 juillet, mais il a été reporté au 23 juillet. « La conférence des présidents s’est réunie il y a quelques minutes, a déclaré la présidente de séance, Carole Bureau-Bonnard à l’ouverture des débats. Elle a décidé que le vote sur le projet de loi aura lieu le mardi 23 juillet, après les questions au gouvernement ». Après l’examen de la motion de rejet dans l’après-midi, les députés sont ensuite passés à la discussion générale du texte. Pas moins d’une soixantaine d’orateurs se sont succédé dans la soirée jusque tard dans la nuit, avec des échanges parfois houleux et accusations réciproques de « contre-vérités ». « Vous êtes seuls », a aussi lancé François Ruffin (LFI) à la majorité, estimant que le gouvernement sert les farines animales « avec beaucoup de salades », et qualifiant le Ceta de « cochonnerie » inspirée par les lobbies. « Fake news » et « fausses querelles », balaie la majorité, qui pointe que seules 36 fermes canadiennes peuvent exporter aux normes européennes.
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« On a failli faire le coup de l’année ! »