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STRATÉGIE/CONSERVE Raynal et Roquelaure en ordre de bataille pour reprendre son indépendance

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Restructuration industrielle, changement d'actionnariat et crise équine, l'année 2013 aura été riche en actualités pour Raynal et Roquelaure, qui semble désormais prêt pour une nouvelle étape. A l'occasion de la sortie du capital de Boussard et Gavaudan (qui a stoppé toutes ses activités de private equity), les salariés dirigeants (dont Jérôme Foucault, Mathieu Tomazeau et Norbert Glémet) ont pris 38 % du capital de Cofigeo, accompagnés par MBO partenaires et SGCP, à près de 50 %. « On peut imaginer que les salariés reprennent les clés en main, avec une grosse dette, à l'occasion de la prochaine opération », annonce Norbert Glémet, directeur général de Raynal et Roquelaure.

BONNE RÉSISTANCE À LA CRISE DE LA VIANDE DE CHEVAL

Raynal et Roquelaure, qui a connu une année mouvementée avec la crise équine, même si l'entreprise n'a pas été touchée, a bien résisté, malgré le fort recul du marché des plats cuisinés italiens (-20 % en volume). Sur le marché des plats cuisinés appertisés (135 000 t, en recul de 11 % et 487 millions d'euros, en recul de 8,5 %), les marques Raynal et Roquelaure et Zapetti consolident leur position sur le marché (17,8 % de part de marché, en progression de 0,3 point) tandis que CCA (Monique Piffaut) perd 1,3 point à 30,5 %. À noter, la progression des MDD standards (+ 0,8 point à 38,7 %). Globalement (MDD et export inclus), le chiffre d'affaires a reculé de 136 à 130 millions d'euros. « Nous pesons 30 % du marché et nous avons perdu 5 000 tonnes de production sur une perte globale de 30 000 tonnes pour le marché. On peut dire que nous avons bien résisté compte tenu de l'importance des plats cuisinés italiens dans nos ventes », se félicite Norbert Glémet qui précise que le résultat est resté stable par rapport à 2012 (les investissements publicitaires ont été stoppés pendant la crise).

UNE ORGANISATION INDUSTRIELLE STABILISÉE

Sur le plan industriel, 2013 a été l'année de la réorganisation. Le site de Sainte Livrade (Lot) est désormais spécialisé sur les barquettes micro-ondables et celui de Capdenac (Aveyron) sur les plats cuisinés français en boîtes rondes. Le site de Camaret sur Aygues (84) reste dédié aux plats cuisinés italiens. Une quarantaine de personnes ont été licenciées à Ste Livrade (20 reclassements étaient proposés, mais seules deux personnes ont accepté, se désole Norbert Glémet) et une vingtaine embauchées à Capdenac pour accompagner le transfert de la production. 2,6 millions d'euros ont été investis sur le site (10 millions sur cinq ans) pour porter sa capacité de 13 000 à 22 000 tonnes. « Avec cette restructuration, nous allons économiser 20 % de coût de main d'œuvre et au moins 5 % sur les coûts globaux », précise Norbert Glémet, qui assure vouloir conserver Ste Livrade. « Il y a un savoir-faire spécifique sur ce site sur lequel nous avons investi 3,6 millions d'euros, soit 5,8 millions d'euros sur cinq ans. »

SE DIVERSIFIER À L'EXPORT ET EN RHF

Pour 2014, Raynal et Roquelaure vise un chiffre d'affaires de 141 millions d'euros. L'entreprise, qui travaille pour 9 % à l'export, veut doubler ce débouché d'ici à cinq ans. Elle se lance aussi sur le segment de la RHF, avec des poches souples à marque Zapetti fabriquées à Camaret et vise 10 millions d'euros de chiffre d'affaires à cinq ans sur ce segment. A noter, en GMS, la marque Zapetti lance des raviolis et cannellonis sans sauce, pour lever le frein à la consommation que peut représenter la sauce.

LE CABANON SOUS PAVILLON PORTUGAIS

Le Cabanon, qui était en redressement judiciaire, intéressait Raynal et Roquelaure qui a déposé une offre de reprise. Le groupe aurait ainsi pu ajouter la technologie des bocaux verre à son portefeuille (la fabrication est actuellement sous-traitée). Le tribunal de commerce d'Avignon lui a préféré l'offre du portugais Unitom. Le Cabanon appartenait au Chinois Chalkis depuis 1994 et avait déjà été placé en redressement judiciaire en 2007.