Abonné

EDITO Réaction à chaud

- - 2 min

 

Une promesse est sacrée. La France n'a-t-elle pu obtenir de son partenaire allemand qu'il lève son veto sur la baisse de la TVA dans la restauration ? Qu'à cela ne tienne, le gouvernement vient de promettre aux restaurateurs un allègement « massif » de leurs charges et débloque à cet effet un montant de 1,5 milliard d'euros sur 18 mois. On peut s'étonner, en réagissant à chaud, du pactole concédé à ce secteur d'activité, qui n'est pas en proie à des difficultés économiques mais plutôt à une crise sociale liée à la pénibilité des tâches et à des salaires peu valorisants. Il peut être intéressant de rapprocher ce montant des enveloppes allouées récemment aux filières porcine et laitière (15 et 20 millions d'euros respectivement), au titre d'aides à leur restructuration. Certes, celles-là, confrontées à un manque de compétitivité dans un contexte de mondialisation, ont longtemps bénéficié d'aides importantes au titre de la Pac mais la source est en voie de se tarir. Or, faut-il le rappeler, la filière laitière, pour ne citer qu'elle, n'est pas en reste en terme d'emplois. Comme le rappelle volontiers Hervé Gaymard, elle dénombre quelque 115 000 exploitants, sans compter les salariés de son industrie. L'enjeu du maintien d'activité est donc là de taille. Finalement, la question se pose de savoir si, en haut lieu, l'on n'est pas tenté aujourd'hui de privilégier le tertiaire et les services, réputés plus dynamiques et offrant des perspectives d'avenir plus souriantes.