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Grands moulins de Strasbourg Remous autour d’un repreneur contesté

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Imad Bakri, homme d’affaires œuvrant entre autres dans l’agroalimentaire et l’immobilier, au Liban et en Afrique, entrerait au capital des Grands moulins de Strasbourg (GMS). L’un des actionnaires, le groupe Soufflet, demande l’annulation d’une dérogation qui permet à l’investisseur d’entrer au capital sans passer par l’OPA.

L’objectif des Grands moulins de Strasbourg est d’augmenter son capital, pour procéder à un développement international, principalement en Afrique, selon Bertrand Leary, p.-d.g. L’objectif d’Imad Bakri, homme d’affaires détenant des boulangeries en Afrique, et déjà client des Grands moulins de Strasbourg, est de « sécuriser son amont », selon Bertrand Leary.

Dans ce projet d’augmentation de capital, Imad Bakri apporterait 18,5 millions d’euros. Dans une holding encore à l’état de projet, il détiendrait 49 %, au terme de trois ans, les 51 % restant détenus par Bertrand Leary. D’après ce dernier, il ne s’agit pas d’une prise de contrôle, mais de l’arrivée d’un investisseur devant rester minoritaire. « Mon souhait est de développer le groupe et de le maintenir indépendant », résume son p.-d.g.

Soufflet : l’accord organise un transfert de contrôle des GMS

Mais pour le groupe Soufflet, premier négociant en grains français et actionnaire à 29% des Grands moulins de Strasbourg, c’est une prise de contrôle totale de l’entreprise qui est programmée. Soufflet mène une action en justice devant la cour d’appel de Paris. Le projet de holding pourrait ne pas voir le jour si la cour donnait raison à Soufflet.

Le négociant français conteste le procédé par lequel Bertrand Leary et deux des sociétés d’Imad Bakri, la Metro Trading Company, de droit belge, et la Romagro Cereal SRL, de droit roumain, ont passé un accord. Dans sa plaidoirie il compte faire annuler une décision de l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a donné satisfaction à Bertrand Leary, demandant de déroger au lancement d’une OPA (offre publique d’achat). Pour lui, cet accord organise un transfert de la totalité des Grands moulins de Strasbourg. À l’inverse, une OPA offrirait un cadre transparent et protecteur des droits, sous le contrôle d’experts indépendants, plaide Soufflet.

La cour d’appel rendra son jugement le 13 mai prochain.