L’aurait-on oublié ? Les structures gouvernementales se sont enrichies il y a trois bons mois d’un Délégué interministériel aux industries agroalimentaires. Mais un silence complet est retombé depuis. Nicolas Forissier, nommé à ce poste six mois après avoir perdu son portefeuille de secrétaire d’Etat à l’Agriculture d’où il avait conçu le Partenariat national de développement des IAA (PNDIAA) n’a toujours pas de bureau, et vient tout juste d’obtenir un collaborateur. Une fois réglés ces problèmes d’intendance, il pourra s’enquérir de ce qu’est devenu le « Partenariat » et songer à le réveiller, voire à l’amender. En attendant, le délégué vole au secours de la vocation exportatrice de l’agroalimentaire français. Il va sillonner le monde pour réconcilier nos clients étrangers avec les volailles françaises mises en quarantaine pour soupçon de grippe aviaire. En lien étroit avec les ministres de l’Agriculture et de l’Industrie, Nicolas Forissier vient en fait en renfort de leur collègue du Commerce extérieur, Christine Lagarde, pour plaider la cause des exportateurs de poulets et de foie gras interdits de séjour dans une quarantaine de pays. Diplomatie et contacts de terrain sont au programme : au Japon pour commencer bien qu’il n’y ait pas d’embargo dans ce pays, mais nos industriels y sont pour le Foodex, puis en Algérie et au Maroc, aux Emirats Arabes, à Oman et au Yémen, et enfin en Afrique. Son objectif : rencontrer les autorités politiques, administratives et sanitaires, ainsi que les importateurs et industriels concernés pour proposer aux pays ayant décrété des embargos « de mettre en œuvre le principe de régionalisation ». Si en effet les mesures d’embargo se limitaient aux seuls produits issus de départements présentant un foyer de grippe aviaire en élevage, la perte serait proche de zéro !