Les membres de l’OMC tentent de reprendre les négociations agricoles multilatérales après la conférence ministérielle de Nairobi. Mais ils n’ont pas tous les mêmes priorités.
Le comité de l’agriculture de l’OMC a repris ses négociations le 8 mars en vue, dans un premier temps, de déterminer les questions qui pourraient être abordées avec succès lors de la onzième conférence ministérielle de l’organisation en 2017, après celle de décembre 2015 à Nairobi qui a abouti notamment à un accord sur l’élimination des subventions à l’exportation et l’encadrement des mesures d’effet similaire (1).
L’ambassadeur néo-zélandais, Vangelis Vitalis, qui préside les travaux, a identifié six thèmes : le mécanisme de sauvegarde spéciale à l’importation pour les pays en développement et une solution permanente pour les programmes de stockage public à des fins de sécurité alimentaire ; la réduction ou l’élimination des soutiens internes ; l’ouverture supplémentaire des marchés ; la mise en œuvre rapide des décisions sur la concurrence à l’exportation ; la négociation croisée sur tous les chapitres du dossier agricole en vue d’une réforme globale ; enfin, quelques autres questions telles que les restrictions à l’exportation, les normes sanitaires ou phytosanitaires, les normes privées pour les produits agricoles ou encore les subventions aux biocarburants et bioénergies.
Les États-Unis et le Canada veulent calmer le jeu
De nombreux membres de l’OMC – Brésil, Argentine, Colombie, Mexique… – ont estimé que le soutien interne et l’accès au marché devaient rester la priorité.
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Les Philippines et le Canada ont jugé que, en dépit des résultats de Nairobi sur la concurrence à l’exportation, il fallait continuer à travailler sur les règles applicables au crédit à l’exportation et à l’aide alimentaire.
Les pays en développement du G33 ont insisté sur le mécanisme de sauvegarde spéciale et le stockage public à des fins de sécurité alimentaire, soutenus en cela par le groupe des pays les moins avancés (PMA) et celui des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
Certains ont considéré toutefois qu’il ne fallait pas se lancer trop tôt dans les négociations. Selon le Canada, il serait utile de prendre du temps pour avoir une vue complète des soutiens internes, tandis que, pour les États-Unis, un assez long temps de réflexion est nécessaire, et il ne serait donc pas judicieux d’entamer rapidement des pourparlers formels.
(1) Voir n° 3527 du 04/01/16