Dans un document de travail préparant le mémorandum envoyé à Bruxelles sur la gestion des crises agricoles, l’auteur évoque: «la vulnérabilité des marchés face aux conséquences des aléas naturels, essentiellement climatiques mais également sanitaires». Le risque sanitaire est donc mis au même plan que l’excès de sécheresse ou de pluie pour expliquer les problèmes de revenus des agriculteurs. De fait, les paysans, plus que quiconque, savent quel a été l’impact de la vache folle, de la fièvre aphteuse, des listérioses ou salmonelles, de l’excès de dioxine et, bien sûr, aujourd’hui, de la menace de grippe ou de pandémie aviaire. Le levier de la médiatisation aidant, ces problèmes sanitaires ont aussi provoqué des dégâts économiques sans précédent. Ce phénomène va en s’accélérant: le monde entier tremble aujourd’hui pour un mal, la grippe aviaire, qui n’a pas fait plus de victimes humaines à ce jour qu’une listériose intervenue en France en 1992 et totalement oubliée depuis. Le monde n’a sans doute pas tort et, d’ailleurs, peu importe qu’il ait tort ou raison. C’est une donnée: le client a toujours raison. Ce qui est important, pour l’agriculteur, c’est qu’il intègre ce risque dans la gestion de son exploitation: d’une part en redoublant d’efforts pour en réduire la menace; d’autre part, surtout, en mettant sur pied, collectivement, des outils d’assurance ou de provision financière. C’est tout l’objectif du mémorandum français sur les crises agricole bientôt transmis à Bruxelles. Mais d’ores et déjà, il est étonnant de voir l’inertie de l’Union européenne vis-à-vis des marchés de volailles qui s’effondrent dans plusieurs pays membres. La gestion de crise par Bruxelles est loin d’être acquise.

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