La réforme, pour une fois, est bien une réforme : la loi Galland est enterrée, une nouvelle page se tourne. Après neuf années de hausse des marges arrière, de cherté des produits de marque et de moindre concurrence entre les grandes enseignes, le tout favorisant le hard discount, de nouvelles règles du jeu commercial s’imposent aux distributeurs et aux industriels suite au vote, le 13 juillet, du titre VI de la loi sur les PME.
L’objectif recherché depuis au moins trois ans était en fait le même pour tous, réduire les marges arrière sur les produits de marque pour viser le «prix économique», redonner de la souplesse aux négociations tarifaires et du pouvoir d’achat au consommateur. Autrement dit, il fallait assainir un système pervers qui avait secrété trop de fausse coopération commerciale et se rapprocher du « triple net » qui, après tout, se pratique sur les marques distributeurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La difficulté était de mettre tout le monde d’accord sur les moyens d’y parvenir, d’où la succession de rapports, de recommandations, de circulaires, de groupes de concertation, de navettes et de campagnes médiatiques ou de procès d’intention. Il y avait aussi un risque à ouvrir la voie aux surenchères lors du passage au Parlement ; l’adoption de la procédure d’urgence et le calendrier choisi ont finalement évité les dérapages. En fait, les passions étaient retombées à temps (début de torpeur estivale ou craintes partagées des industriels et des distributeurs sur le marasme de la consommation ?).
La sagesse du nouveau ministre du commerce a été d’en jouer habilement pour obtenir en fin de compte une réforme en douceur, en fait sur deux ans, et sans exclure d’aller au-delà.