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Epicerie SDV profite de la mode du burger

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Importateur de produits alimentaires nord-américains et mexicains, le charentais SDV Les marchés du monde accompagne l’essor des restaurants de cuisine américaine. Résultat : une très forte accélération de son chiffre d’affaires ces quatre dernières années.

À qui profite l’appétit des Français pour le burger ? Aux restaurateurs spécialisés, certes, mais aussi et surtout à leurs fournisseurs. SDV Les marchés du monde, une PME charentaise, réalise ainsi plus de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en commercialisant des produits alimentaires en provenance des États-Unis et du Mexique, « en progression à deux chiffres depuis les quatre dernières années », précise fièrement Claude Maumont. Le fondateur de l’entreprise, toujours à sa tête, est présent depuis une quarantaine d’années dans l’univers des gastronomies américaines et mexicaines, notamment à travers la création du premier restaurant mexicain à Paris dans les années 1970.

Le succès est surtout venu ces dernières années de l’essor du burger. Après le fast-food de piètre qualité, la restauration française s’est emparée du concept mais en le faisant monter en gamme. À tel point qu’en 2016, les ventes de burger ont encore progressé de 21,8 % en 2016 selon le cabinet d’études Gira Conseil pour atteindre 1,3 milliard de sandwichs chauds vendus l’année passée. SDV est présent opportunément sur les trois marchés en hausse : le burger, le hot-dog et le bagel. Sur ce dernier marché, SDV revendique une expertise dans l’importation de produits « fabriquée à New York, selon la recette traditionnelle et avec les ingrédients locaux comme l’eau des Appalaches qui lui confère une saveur peu comparable avec les bagels réalisés en Europe », selon Claude Maumont.

Des produits comme aux États-Unis

Adepte de l’authenticité américaine, SDV se refuse à adapter les produits au goût français. « Les gens voyagent, et découvrent désormais les produits au cours de leurs déplacements, et ils veulent retrouver les mêmes produits au restaurant ou au supermarché », poursuit le p.-d.g. C’est pourquoi SDV importe pour l’essentiel, mais l’entreprise est contrainte de faire réaliser une partie de ses références en Europe. « Nous n’avons pas d’autre choix en raison des réglementations européennes contraignantes sur les ingrédients ou les recettes », explique le p.-d.f. Pour cela, l’entreprise s’est dotée d’un laboratoire à Cognac où elle met au point et teste les recettes, avant d’en confier la réalisation à des façonniers.

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À côté de la RHF (80 % du chiffre d’affaires de SDV), la grande distribution est un canal de diffusion pour SDV. Mais, échaudé par des changements de stratégie d’industriels dont il distribuait les produits, SDV préfère désormais mettre en avant ses marques propres Amigo (tex mex) et Classic Foods of America, qui lui rapportent chaque année 2,5 millions d’euros.

Repérer les tendances de demain

À court terme, d’ici deux à trois ans, Claude Maumont prévoit encore une croissance à deux chiffres de ses ventes globales. La question d’investir dans un outil de production a toujours tenté le fondateur, sans pour autant passer à la concrétisation. Claude Maumont préfère pour l’instant conserver un mode de fonctionnement qui a fait ses preuves. SDV Les marchés va poursuivre à l’avenir sa politique d’innovation.

Chaque année, le catalogue de SDV s’enrichit d’une centaine de nouveaux produits (sur 664 actuellement), dont seulement la moitié restera plus longtemps. « Je voyage beaucoup aux États-Unis où je repère les produits que je peux proposer en France. Je suis sans cesse à l’écoute des nouvelles tendances de consommations qui émergent outre-Atlantique », détaille le fondateur. Parmi elles, Claude Maumont en a identifié plusieurs qui pourraient être reçues positivement en France : le barbecue texan, les tacos à l’américaine, le tex mex mais dans une version modernisée, les spécialités végétariennes. Convaincu que les États-Unis continuent de faire rêver les consommateurs, Claude Maumont confie n’avoir pas encore visité tous les États américains : « Il reste encore beaucoup de produits à découvrir outre-Atlantique et à faire découvrir aux Français ».