Les professions agroalimentaires auraient intérêt à parler le même langage – et c’est loin d’être le cas par exemple au sein de la filière lait - si elles veulent être un tant soit peu entendues et ainsi faire mieux face à « la crise ». La crise alimentaire révélée par des émeutes de la faim au printemps dernier et la crise financière généralisée aujourd’hui appellent un traitement moins conventionnel que ce qu’on entend ici ou là. De récents échanges entre parlementaires nationaux, eurodéputés et Commission européenne ne le montrent pas, et cette dernière ne change pas d’un iota ses convictions à propos de la politique agricole (plutôt « moins de Pac » que plus de régulation des marchés). L’exemple donné par presque tous les Etats en matière financière ne l’inspire donc pas ? Coop de France, en congrès ces jours-ci, veut sûrement « plus de Pac », voire « une Pac mondiale », mais, du côté des lobbys industriels on ne change pas de combat : hormis la vigilance promise par l’Ania sur le comportement des banques après la promesse de garantie publique sur des milliards de crédits aux PME, c’est toujours les mêmes récriminations contre le poids des grandes surfaces et leurs pratiques « plutôt limites » à la table des négociations annuelles, ou bien contre les tracasseries des gardiens de la santé publique.

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Les évènements du monde ne justifieraient-ils pas une réflexion plus commune, une mobilisation plus large ? Si le salut passe par un certain retour à l’économie réelle, n’y a-t-il pas là une formidable opportunité pour la première industrie du pays ? Mais aucune priorité stratégique ne lui a été décernée, pas même après le récent tour de piste que Michel Barnier a fait sur l’industrie agroalimentaire devant ses collègues du gouvernement : curieusement, malgré un accueil poli de l’ANIA, cela’est passé totalement inaperçu