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Simplifier la mesure de la biodiversité par celle du paysage

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« Une manière de réduire le coût de transaction des mesures serait d’imaginer les services à l’échelle du paysage », propose Harold Levrel, de la FRB. Moins réducteur que le comptage d’espèce, et plus représentatif des services écosystémiques offerts par les changements de pratique, la surface d’un certain type d’habitat remarquable pourrait ainsi être considéré comme un indicateur environnemental en soit.

C’est la piste choisie par le programme lancé en Irlande en 2005 pour restaurer la lande humide du Burren, et qui a fait date en Europe. L’initiative est venue des agriculteurs eux-mêmes, mis en cause dans le cadre du classement de 30 000 hectares de lande en zone de conservation spéciale. Alors que le pâturage était peu à peu abandonné au profit de l’ensilage, le milieu risquait de se refermer, avec des sanctions européennes à la clé.

Créé et animé par le ministère de l’Agriculture, le programme Burren compte aujourd’hui 328 agriculteurs volontaires et 28 000 hectares sous contrat. Chaque année, les agriculteurs sont soumis à une évaluation sur le terrain. Menée par des conseillers agricoles, celle-ci mêle indicateurs de pratiques et de résultat. Taux de pâturage, recouvrement des roches, ou état des sources : en fonction de leur note, et de la zone considérée, les agriculteurs touchent entre 60 et 320 €/ha.

À l’inverse, en Finlande, une association finlandaise de protection de la nature a préféré garder le contrôle intégral de 700 ha tourbières, en dédommageant environ dix propriétaires forestiers depuis 2018. « La restauration et la gestion des zones humides sont confiées à l’association, et le propriétaire reçoit un dédommagement pour ne pas gérer son propre sol, tout en conservant le droit de faire certains prélèvements », détaille Pierre Dupraz, de l’Inrae. L’entretien de ces tourbières, et le fonctionnement du projet, sont assurés par les 820 000 euros levés sur des plateformes de crownfunding, auprès de 2 500 donateurs.

En Irlande, des agriculteurs soumis chaque année à une évaluation sur le terrain