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Filière huiles et protéines Sofiproteol réalise son meilleur résultat depuis trois ans

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Malgré une année globalement difficile, plutôt sauvée par le dernier trimestre, Sofiprotéol a maintenu ses investissements. Mais l'opérateur industriel et financier de la filière huiles et protéines a continué à structurer ses activités, réduisant la voilure là où le fonctionnement en filière n'était pas possible ou lorsque l'outil industriel était surdimensionné par rapport au marché.

SOFIPROTÉOL, l'opérateur  des huiles et protéines contrôlé par les agriculteurs aura réalisé en 2013 « son meilleur résultat depuis trois ans », a affirmé son directeur général Jean-Philippe Puig le 12 février lors d'une conférence de presse. Malgré un chiffre d'affaires en baisse, de 7,3 milliards d'euros en 2012 à 7 milliards en 2013, le résultat net part du groupe en cours de consolidation se situera au dessus des 34 millions d'euros de 2011 a-t-il affirmé. Ce résultat se situait à 28 millions en 2012 mais à 54 millions en 2010. Les investissements industriels ont atteint un record, avec 139 millions d'euros, en hausse de 19%, 68 millions ayant été investis en France.

Baisse des marges de trituration

L'année 2013 a pâti principalement d'un ralentissement général de la consommation et d'une baisse des prix des huiles végétales conjuguée à une hausse des coûts d'achat des graines oléagineuses. D'où une baisse des marges de trituration. En biocarburant, secteur perturbé par des importations fortes de biodiesel en début d'année (avant d'être taxées en milieu d'année), le groupe s'est délesté d'une partie de ses capacités de production de biodiésel afin de mieux coller au potentiel, moins important que prévu  à l'origine, du marché européen. Il a cédé des unités de production en Allemagne, Autriche et Italie. « L'avenir est incertain » sur les biocarburants malgré la fixation en France à 7% du taux d'incorporation des biocarburants d'origine végétale.

Ralentissement de la consommation

La plupart des branches de l'agroalimentaire (Lesieur, Lesieur Cristal...) ont été consolidées par l'innovation dans un contexte difficile du fait du ralentissement de la consommation. Lesieur a connu une baisse de 2,5% de ses volumes vendus, à 290 millions de tonnes pour un CA de 697 millions d'euros. Au Maroc, Lesieur Cristal a commencé à exporter vers les pays environnants.

La  situation des œufs Matines a été difficile en raison d'une  difficulté à répercuter les hausses de coûts, notamment d'aliments des volailles, auprès de la grande distribution. Mais dans cette branche, Sanders (aliments du bétail, 1Md d'euros  de CA) a consolidé sa position grâce à des accords de commercialisation avec des structures coopératives et locales. Jean-Philipppe Puig a démenti l'objectif de monter à 100% du capital de Matines en 2014 contre 60% aujourd'hui. La branche volailles et œufs a réalisé un CA de 707 millions d'euros.

Enfin, en santé animale, (CA : 151 millions d'euros) le groupe a cédé sa filiale Sogeval au groupe Ceva avec lequel un accord de commercialisation a été signé. Une option est ouverte pour permettre à Sofiprotéol d'entrer dans le capital de Ceva. Celui-ci est le 9e groupe mondial de pharmacie vétérinaire.

Poulet : l'avenir est en Europe

Concernant le poulet export, activité dans laquelle le groupe n'est pas présent mais qu'il observe de près, le patron de la branche animale Eric Philippe estime que le modèle économique pérenne « n'a pas encore été trouvé », au-delà de 2014, année pour laquelle une subvention de 15 millions d'euros permet de compenser les écarts de compétitivité avec les pays concurrents comme le Brésil. « Le potentiel de l'aviculture française, pour ses produits standards, se trouve en Europe », affirme-t-il.

Xavier Beulin : revaloriser la protéine française

LE président de Sofiprotéol, Xavier Beulin, a confirmé que le groupe avait répondu à l'appel à projet pour les innovations technologiques, lancé à la suite du rapport d'Anne Lauvergeon. D'une part, il propose de revoir la chaîne de production industrielle pour mieux valoriser les protéines issues des graines oléagineuses. Ces protéines, sous forme de tourteaux, ne sont actuellement utilisées que pour l'aliment du bétail. Sofiprotéol propose aussi de relancer le pois protéagineux et surtout de travailler à une filière soja en France. En second lieu, Sofiprotéol a proposé un programme ambitieux de développement de la biochimie, de manière à accroître considérablement le sourcing végétal des produits industriels.

Sofiprotéol 2013 en chiffres

Chiffre d'affaires : 7 Milliards d'euros (-4%)

Résultat net agrégé : au-dessus de 34 millions d'euros

EBITDA : 185 millions d'euros (-24%) soit 137 M

pour le pôle végétal et 48 M pour le pôle animal. 8241 collaborateurs (5 524 en France, 2 717 à l'international)

Investissements : 139 M€ dont 68 M€ en France.