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Stalaven et Euralis se pacsent

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Euralis et Stalaven scellent « une alliance de long terme », selon les termes de leurs dirigeants. Le groupe coopératif va entrer au capital de la société bretonne à hauteur de 20% dans les semaines à venir. « Unigrains, Agro+ et IPO, présents depuis 4 ans dans notre holding, ont atteint leurs objectifs financiers et souhaitaient sortir du capital d’ici 2010, explique Franck Meuriot, directeur général du pôle traiteur de Stalaven. Avec un peu d’anticipation, nous avons trouvé un nouveau partenaire. » Euralis récupère ainsi les 15% du capital et les 5% d’obligations convertibles détenus par les trois fonds d’investissements. La famille Meuriot, actionnaire historique de Stalaven via la holding Armorique développement, demeure majoritaire, et les salariés conservent près de 5% du capital. Aucun changement n’est également à prévoir à la tête du groupe d’Yffiniac, qui gardera à sa tête Thierry et Franck Meuriot, petits-fils du fondateur Jean Stalaven.

Mieux structurer le marché

Cette opération s’inscrit dans « l’idée d’une collaboration », indique Michel Depierre, directeur général d’Euralis, et devrait donner lieu à des synergies industrielles et « des complémentarités en terme produit, process et savoir-faire », détaille le dirigeant. Créé en 1945, Stalaven enregistre aujourd’hui un chiffre d’affaires de 163 millions d’euros et s’impose comme le premier fournisseur de produits traiteurs auprès des commerçants indépendants français, avec 25 % de parts de marché. L’entreprise, qui emploie 1 200 personnes et commercialise près de 35 000 tonnes de produits élaborés, tient également une troisième place sur le marché des produits traiteurs libre-service en GMS, loin derrière Fleury Michon et Marie. Deux activités inconnues d’Euralis. « Nous avons choisi ce groupe en raison de sa volonté de se développer sur le rayon traiteur et de notre proximité en termes d’objectif et de valeurs », analyse pour sa part Franck Meuriot. « Il s’agit pour nous de mieux participer à la structuration du marché et de bénéficier de l’éclairage d’Euralis pour réaliser une acquisition», précise-t-il. Depuis plus d’un an, Stalaven se déclare en effet à la recherche d’une proie à son goût. Ses recherches seraient encore trop peu avancées pour dresser un profil-type du candidat potentiel. Le groupe cible en tout cas une société active dans le commerce de proximité de produits traiteurs, présente au niveau national et qui puisse lui donner une complémentarité géographique.

La famille Meuriot à terme minoritaire ?

Une croissance externe ou un investissement industriel commun à Euralis et Stalaven sont-ils à prévoir ? « Ce n’est pas dans l’air», lâche Franck Meuriot. « La décision d’investir sera prise en commun, nuance Michel Depierre. Une acquisition à deux est possible… toute opération sera de toute façon évidemment envisagée dans l’intérêt des deux entreprises ». Euralis deviendra-t-il majoritaire, à terme, au sein de Stalaven ? Selon certains financiers, la famille Meuriot pourrait d’ici 5 à 10 ans laisser le groupe coopératif tenir le haut du pavé. « Ce n’est pas à l’ordre du jour, répète Franck Meuriot. L’arrivée d’Euralis n’est pas un début de désengagement ». Mais une montée d’Euralis au capital est en revanche « prévue au fur et à mesure des investissements», confie Michel Depierre. « Pragmatiques, les deux parties sont de toute façon ouvertes pour évoluer en fonction des opportunités », conclut-il.

Euralis Gastronomie continue son développement

Euralis marque ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification vers les plats cuisinés. Basé à Pau, le premier groupe coopératif du Sud-ouest affiche pour son exercice 2004/2005 un chiffre d’affaires de l’ordre de 831 millions d’euros, réalisé à plus de 40% par sa branche gastronomie. A l’origine spécialisé dans les productions agricoles et les semences, Euralis s’est doté d’un pôle dédié aux produits élaborés en fusionnant Rougier Bizac international et Grimaud Montfort distribution. L’acquisition en 2005 de la société Papillote (10 millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisée dans les plats cuisinés haut de gamme, a permis par la suite à Euralis Gastronomie (343 millions d’euros de CA), très concentré sur la production de foie gras, de procéder à un nouveau type de croissance externe. L’arrivée d’Euralis au sein de Stalaven s’inscrit dans sa volonté de réaliser 50% de son activité dans les produits élaborés.