Parmi les chantiers qui attendent l’APCA en 2016 : l'arrêt de la « marchandisation » des contrats laitiers, suivi de la simplification et la réorganisation territoriale. Guy Vasseur, président de l’APCA, prévoit un programme de travail chargé, présenté le 13 janvier.
« Il faut enrayer la marchandisation des contrats laitiers ! », s’est exclamé Guy Vasseur le 13 janvier, à l’occasion de la présentation des vœux de l’APCA à la presse. Il constate le développement de ce phénomène, les annonces de ventes de contrats laitiers sur les sites internet de ventes entre particuliers se multipliant. Guy Vasseur craint un « déménagement des territoires ». Car si les quotas laitiers, gérés administrativement, étaient liés aux territoires, la marchandisation des contrats pourrait inciter les industries laitières à délocaliser leur production. Autre danger, la spéculation sur les contrats laitiers pourrait constituer un obstacle majeur pour les jeunes agriculteurs, contraints de rajouter aux coûts traditionnels d’une installation celui du rachat d’un contrat laitier à un agriculteur sur le départ, qui pourrait voir dans cette vente un complément de retraite confortable.
La spéculation sur les contrats laitiers pourrait constituer un obstacle majeur pour les jeunes agriculteurs
L’APCA compte bien identifier des solutions à cette dérive, qu’elle formalisera notamment dans la rédaction de divers scénarios prospectifs pour la filière laitière. Ces derniers devraient être présentés sous peu, et seront suivis, courant 2016, d’autres prospectives pour les autres filières agricoles.
Porter des propositions en faveur de la simplification
L’APCA poursuivra en outre le travail amorcé fin 2015 sur la simplification des normes. Sollicitée le 26 novembre par le ministre de l’Agriculture alors qu’elle déplorait l’échec de « la pause réglementaire », l’APCA a présenté 19 pistes de solutions à Stéphane Le Foll, solutions qu’elle entend bien défendre devant les sénateurs pour qu’ils les portent à Bruxelles. Parmi les propositions, celle de faciliter les projets d’installation de méthaniseurs.
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Conclure des partenariats avec les instances décentralisées
Les chambres d’agriculture devront aussi travailler à leur organisation interne suite à la réforme territoriale issue de la loi NOTRe. L’APCA avait anticipé : toutes les chambres régionales ont été mises en place avant le fin 2015, s’est félicité Guy Vasseur. La réforme confie cependant de nouvelles missions aux chambres, qui devront y répondre sans augmentation de budget. Les chambres devront, de fait, être « plus efficaces et moins coûteuses » sans négliger la proximité avec les agriculteurs, chère à l’APCA. La réforme territoriale apportant de nombreux changements dans les instances décentralisées de l’Etat, certains conseils départementaux, qui apportaient des soutiens financiers aux chambres, ont indiqué ne plus être à même d’intervenir. « La loi NOTRe n’interdit pas l’intervention des conseils départementaux pour soutenir l’agriculture, affirme Guy Vasseur, mais il nous faudra travailler pour relancer de nouveaux partenariats ».
L’APCA et Bienvenue à la ferme organisent une collecte pour « les plus démunis »
Les Chambres d’agriculture (APCA) et le réseau Bienvenue à la Ferme ont annoncé, le 12 janvier, organiser « une double collecte agri-citoyenne au profit des plus démunis ». La première collecte, déjà en cours, concerne les agriculteurs, qui peuvent effectuer leurs promesses de dons par internet (via l’APCA) jusqu’au 31 janvier. La seconde collecte ouvrira le 9 février et sollicitera les citoyens par le biais du site de financement participatif Miimosa ; l’objectif étant de doubler les dons promis lors de la première étape, indique le communiqué de presse.