La douzième conférence mondiale des planteurs de betteraves et de canne qui s’est tenue les 9 et 10 mai à Versailles a mis en évidence un constat qui va à l’encontre d’une idée reçue : les Français ne sont pas les seuls à se méfier de la mondialisation des marchés. La mondialisation, que certains Français voient comme une opportunité, fait aussi frémir à l’extérieur, y compris dans un secteur internationalisé comme celui du sucre et de l’éthanol.
Les congressistes de plusieurs pays ont laissé transparaître que les performances qui sont demandées aux entreprises du secteur relèvent du défi sportif, et que parfois les concurrents à la course perdent souffle. « Nous cherchons à réduire nos coûts de production encore, encore et encore », s’est exclamé Ismaël Perina, planteur de canne brésilien et ingénieur agronome, à Jaboticabal (à 342 km de São Paulo) décrivant ses efforts de diversification dans les légumineuses pour fertiliser son sol en azote.
Autre signe révélant un certain essoufflement : « Nous vivons dans un monde dur ! », n’a pas pu s’empêcher de s’écrier Franck van Noord, directeur de la R & D chez Suiker Unie, sucrier néerlandais qui produit environ 6 Mt de sucre par an. Franck van Noord s’est exprimé ainsi à l’adresse de Bernard Clément, directeur des opérations chez Total Énergies Nouvelles, qui demandait un prix bas difficile à tenir pour les vendeurs (10 cents la livre de sucre, alors que le marché est actuellement à 16-17 cents), s’ils veulent ouvrir un nouveau débouché pour le sucre dans la transformation en hydrocarbure de haute qualité.
Enfin la perspective de démantèlement des quotas ne suscite pas qu’optimisme : « On peut se retrouver dans une situation comparable à la crise du lait en Europe », a estimé le secrétaire général de l’Association des planteurs du nord de l’Allemagne, Heinrich-Hubertus Helmke, parlant en son nom propre. « Cela peut arriver si les opérateurs offrent trop de sucre sur le marché ». Si les prix à l’export sont bas, cela exercera « une pression sur le revenu des planteurs de betteraves, et certains pourront être éjectés du marché ». « Les entreprises doivent veiller à ne pas trop produire », a-t-il conclu.
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