Abonné

Sucre : Tereos met le cap sur la marge et non plus le volume

- - 3 min

Le groupe sucrier Tereos, dont l’exercice 2020-2021 est déficitaire, abandonne sa stratégie de volume et de croissance externe, a-t-il annoncé le 2 juin. Objectif : gagner en profitabilité.

« Nous tournons la page d’une stratégie de volume », a déclaré le nouveau président du directoire Philippe de Raynal, clôturant un épisode à l’origine d’une grave crise de gouvernance. L’idée est désormais de « passer à une stratégie de marge », sur la base des trois audits industriel, commercial et financier menés cette année. Tereos poursuit notamment l’objectif de faire passer sa dette nette sous les 2 Mrd€ d’ici à 2024, contre plus de 2,5 Mrd actuellement. « Les résultats sont insuffisants, il faut améliorer fortement notre compétitivité », a souligné le nouveau président du conseil de surveillance Gérard Clay. Ce virage stratégique vise à bien rémunérer les produits des coopérateurs et mieux résister aux « bas de cycle » sur le marché du sucre, d’après lui.

Un résultat net de -133 M€

Tereos affiche un chiffre d’affaires de 4,3 Mrd € en 2020-2021 (-4 %), reflet d’une production betteravière amputée par la jaunisse. Les résultats opérationnels progressent « en dépit d’une forte volatilité » dans le secteur, a souligné le directeur financier Gwenaël Eliès. Ainsi l’Ebitda « ajusté » s’établit à 465 M€ (+11 %), soutenu par la hausse des prix du sucre et de l’éthanol. Mais le résultat net descend à -133 M€ (contre 24 M€ l’an dernier), sous l’effet de dépréciations d’actifs (76 M€).

« Notre mission est d’accélérer rapidement la profitabilité », a redit Gérard Clay. Telle est la feuille de route jusqu’en 2022. Le groupe mise pour cela sur ses « trois piliers stratégiques » : activités sucre en Europe, sucre et énergie au Brésil, et activités amidon, produits sucrants en Europe, « sur lesquels il entend consacrer la totalité de ses investissements futurs ». Aussi 1 Mrd€ y seront-ils injectés dans les trois ans qui viennent. En revanche, hors de ce « cœur du business » de Tereos, « des options de cessions peuvent être étudiées et peuvent être réalisées », a prévenu Philippe de Raynal. Gérard Clay a rassuré sur la France, écartant une nouvelle fois toute fermeture dans l’Hexagone : « Il n’y a aucun projet de fermeture d’usine, ce sont les producteurs qui décident de mettre des surfaces, et on adapte l’outil industriel en face », d’après lui. Le plan stratégique comporte une seconde étape en 2023 et 2024. Après des efforts sur l’augmentation de la rentabilité, Tereos prévoit de se tourner vers des relais de croissance comme l’énergie, la protéine végétale. Quant à l’ouverture du capital, une idée de l’ancienne présidence, elle est finalement enterrée. « C’est un projet du passé », a expliqué Gérard Clay. L’« activité mère » de la coopérative, dans la betterave, la pomme de terre, la luzerne, ne verra « jamais d’ouverture du capital », selon le nouveau patron du groupe.

« Il faut améliorer fortement notre compétitivité »