Rendre l’Europe plus proche des gens et plus sympathique. Voilà la nouvelle obsession des dirigeants politiques après le nouvel échec du traité européen devant les suffrages irlandais. Une obsession justifiée.

Il y a bien d’autres occasions de rapprocher l’Europe des citoyens et de la rendre plus sympathique. D’abord en évitant de mettre toutes les mesures désagréables sur le compte de Bruxelles et les décisions plus agréables sur le compte de la résistance à Bruxelles. Certes, personne ne s’y trompe : les décisions européennes sont d’abord le fait des conseils des ministres donc des États membres collectivement. Mais à force de rabâcher cette idée elle finit par entrer dans l’inconscient du grand public.

Ensuite, l’Europe doit prouver son intérêt en créant de la valeur, c’est-à-dire des marchés, de l’emploi et des investissements. Prenons les questions agricoles : plutôt que de tergiverser sur les OGM, elle devrait financer de la recherche pour faire naître des biotechnologies véritablement utiles au consommateur ; plutôt que d’hésiter sur les biocarburants, ne devrait-elle pas soutenir plus hardiment les recherches sur des agrocarburants de demain et sur l’autonomie énergétique des exploitations ?

À l’inverse, ne devrait-elle pas soutenir les formes de commercialisation alimentaire les plus économes en énergie, ce qu’on appelle les circuits courts ? Voilà des actes simples, sans doute peu coûteux à l’échelle de continent mais qui touchent la vie quotidienne des gens. Le bilan de santé de la Pac sera peut-être l’occasion d’en souffler l’idée aux gens de Bruxelles.