Tereos, premier groupe sucrier français et troisième mondial, a enregistré une perte nette sur son exercice 2015/2016, mais maintenu son niveau de marge opérationnelle. Le groupe constate surtout une remontée des cours du sucre depuis l'été. À l'approche de la fin des quotas sucriers en octobre 2017 et pour gagner en compétitivité, le groupe a poursuivi ses efforts sur tous les plans et notamment renforcé son développement en Europe et à l'international.
Dans un contexte sucrier particulièrement difficile marqué par « un cycle de baisse des prix sans précédent », Teros a signé un exercice 2015/2016 (clos le 31 mars) en demi-teinte, mais voit le bout du tunnel. « Les cours moyen mondiaux du sucre ont été divisés par trois depuis 2011 et le prix de vente au niveau européen a perdu 40 à 50 % depuis 2013 », a rappelé en préambule Alexis Duval, président du directoire du troisième sucrier mondial. Rapporté à l'exercice de Tereos, ces baisses se sont affichées respectivement à 16 % et 8 % en moyenne. Une fois ce décor planté, Alexis Duval était donc assez satisfait d'annoncer pour l'exercice écoulé un chiffre d'affaires « en ligne » à 4,2 milliards d'euros, en baisse de 2,3 % essentiellement en raison des devises (+1,3 % hors effets de change). De même, ce dernier a souligné « la très bonne résistance » au niveau opérationnel, avec un Ebitda ajusté (c'est-à-dire avant complément de prix) à 439 millions d'euros, en baisse de 3 % sur l'exercice (+5,7 % hors effets de change) et le maintien de la marge d'Ebitda à 10,5 %, « une performance, compte tenu du contexte de prix moins favorable », a-t-il encore insisté. Le groupe connu pour ses marques Beghin-Say et La Perruche a précisé que les contributions à l'Ebitda des activités sucre international, amidon et produits sucrants ont compensé en partie le recul de l'activité sucre en Europe.
PROJET D'ÉMISSION OBLIGATAIRE
Il n'empêche qu'au final, Tereos a essuyé une perte nette de 34,4 millions d'euros, contre un bénéfice net de 17,3 millions en 2014/2015, après prise en compte sur l'exercice d'un effet impôts négatif de 15 millions et d'éléments non récurrents négatifs pour 19 millions. Côté bilan, le groupe a réduit de 81 millions d'euros sa dette nette à périmètre constant à 2,079 milliards d'euros, compte tenu de l'intégration de la dette nette du brésilien Vertente. De fait, la dette nette rapportée à l'Ebitda ajusté du groupe s'établit à 4,6 fois au 31 mars 2016 (contre 4,1 fois un an auparavant et 5,3 fois au 31 décembre 2015). Le free cash-flow avant investissement et acquisitions de Tereos a quant à lui augmenté de 235 millions d'euros à 306 millions, preuve que « la génération de trésorerie reste importante », a souligné Alexis Duval. 226 millions d'euros ont été consacrés aux investissements de croissance et acquisitions sur l'exercice, contre 135 millions en 2014/2015. Le groupe a par ailleurs annoncé un projet d'émission obligataire d'un montant attendu de 400 millions d'euros à 7 ans qui servirait au « refinancement de la dette actuelle » dont une partie arrive à échéance en septembre 2017 ».
POURSUITE DE L'IMPLANTATION À L'INTERNATIONAL
Tereos, que la crise n'a pas empêché de poursuivre ses efforts pour renforcer son modèle dans le cadre de sa stratégie d'après quotas, se targue d'afficher les coûts de production les plus compétitifs en France, à 199 euros la tonne, contre une moyenne en France de 208 euros (source : LMC en 2014). Des gains de productivité qu'il compte encore pour-suivre à l'avenir. Ses efforts de compéti-tivité ont porté sur plusieurs domaines, de l'agriculture à l'industrie en passant par la distribution et l'innovation. À noter que les premiers bénéfices du plan d'amélioration de la performance à trois ans se sont déjà fait sentir sur le second semestre de l'exercice 2015/2016. Ces gains opérationnels se sont montés à 30 millions d'euros sur un objectif de 100 millions d'euros de gains à l'horizon 2018. Un niveau de gain que le groupe compte réitérer sur l'exercice en cours.
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En Europe, Tereos a poursuivi son développement sur les quatre principaux marchés déficitaires de la zone, avec l'acquisition notamment de Napier Brown, le numéro trois britannique, renforçant ainsi ses positions sur le premier marché à l'export pour le sucre français. Et à l'international, outre au Brésil où le groupe s'en sort très bien, il a renforcé sa présence sur les marchés émergents. Tereos a ainsi racheté la sucrerie Transmara au Kenya, en association avec son partenaire mauricien Alteo avec qui il s'était auparavant implanté en Tanzanie. À noter que l'offre de retrait de la filiale Tereos Internacional du marché boursier brésilien annoncée en décembre dernier, est en cours et devrait être finalisée au deuxième trimestre de l'exercice fiscal en cours.
AUGMENTATION SIGNIFICATIVE DU RÉSULTAT OPÉRATIONNEL
Pour 2016/2017, Tereos est assez optimiste en raison de la remontée des cours. « Le premier semestre de l'exercice 2015/2016 a constitué le point bas de la crise pour nous et il y a eu une reprise au deuxième semestre », a d'ailleurs précisé Alexis Duval. Ainsi les dirigeants anticipent une hausse de 20 à 25 % du résultat opérationnel pour 2016/2017. Les tonnages de la prochaine campagne en France, dernier exercice sous régime des quotas, atteindront 16 millions de tonnes (contre 15 Mt en 2015/2016) avant d'atteindre 18,5 Mt en 2017/2018.
Dans la perspective de la fin des quotas au 1er octobre 2017, Tereos a annoncé une série de dispositifs et notamment qu'il garantirait un prix de 28/30 euros la tonne à ses planteurs pour les betteraves enlevées en janvier. Un prix auquel s'ajoute le complément de prix et le dividende. Une mesure que « la coopérative est la seule à proposer en France », a rappelé Thierry Lecomte, le président du directoire du premier sucrier français. Et d'enfoncer le clou : « Nous sommes favorables à un accord interprofessionnel, ne pas y parvenir serait dommageable pour la dynamique collective ».