Deux débats liant intimement santé, alimentation et sciences ont occupé le devant de la scène ces deux dernières semaines : les OGM et le bisphénol A. Deux sujets qui avaient quasiment disparu des radars de l’actualité et dont on peut d’ailleurs déplorer qu’ils fassent un retour aussi envahissant dans les medias qui sont largement responsables de cette mise en vedette. On peut en effet regretter que ce soudain « vedettariat » accordé à ces deux sujets ne nuise à la sérénité et à la qualité des débats qu’ils nécessitent. Défenseurs et opposants se lancent dans des batailles scientifiques, doublées d’arguties juridiques qui dépassent largement l’entendement du consommateur moyen. Non qu’il soit stupide, mais il ne dispose ni de l’éducation nécessaire ni de la globalité des éléments lui permettant de se faire une opinion. Face aux doutes qui ne manquent pas de l’assaillir, la défiance envers l’alimentation qu’on lui vend et les industriels ou les producteurs qui la lui fournissent ne peut que s’accroître. Les industriels participent largement à cette confusion, les uns vantant la qualité de leurs marques exemptes du produit « néfaste », les autres passant pudiquement sous silence cette présence dans les leurs. Il serait temps que la raison retrouve ses droits ou qu’une autorité siffle la fin de la récréation. Tout le monde demande des instances indépendantes ou des lobbies ou des enquêtes réellement contradictoires, pour ramener sérénité et crédibilité. C’est plus aisé que de lutter contre la hausse des prix. À l’heure où les professionnels veulent convaincre de la qualité et de la sécurité de leurs produits pour séduire les consommateurs ou s’imposer sur les marchés étrangers, une telle démarche semble pour le moins opportune.

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