Equilibrer les relations au sein de la chaîne alimentaire est un travail de Sisyphe. Comme lorsqu’on veut pacifier les mœurs les maitre-mots sont éducation et information. Ici on dit transparence et c’est la loi de modernisation agricole qui en a fait le pari en créant l’Observatoire des prix et des marges et en obligeant les partenaires à lui fournir les données nécessaires. Dans son premier rapport sur la viande bovine, l’équipe de Philippe Chalmin n’a d’abord pu travailler que sur les marges brutes agrégées de l’industrie et du commerce puis ses travaux, élargis aux fruits et légumes, aux produits laitiers et à la viande de porc, ont réussi à faire le distinguo. Mais constater une hausse des marges brutes n’autorisait à dénoncer aucun abus si elles traduisaient des hausses de charges. L’étape suivante reste donc de travailler sur les marges nettes, une donnée que la distribution a bien promis de transmettre à l’Observatoire mais sous réserve d’obtenir de lui un accord de confidentialité. Ces données ont été préparées rayon par rayon et portent sur le premier trimestre 2011, selon la FCD qui s’insurge en revanche qu’un projet de dé-cret prétende donner sa définition des marges brutes et nettes.
Pire, dans le cadre de la discussion du projet de loi sur les droits des consommateurs, les députés unanimes ont instauré une amende à l’encontre des distributeurs qui ne communiqueraient pas leurs marges brutes et nettes à l’Observatoire. Et le montant évoqué, 15 000 euros, serait appelé, selon ses promoteurs, à grimper en seconde lecture jusqu’à 75 000 euros. De quoi ruiner toute bonne volonté des distributeurs s’ils n’ont aucune garantie de confidentialité.

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