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Triskalia : rassemblements contre un « dénigrement » de la coopérative

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Des salariés et élus de la coopérative Triskalia se sont rassemblés le 4 septembre à l’extérieur des différents sites du groupe pour dénoncer les « actions de dénigrement » à répétition dont ils feraient selon eux l’objet.

« Depuis de nombreux mois et spécialement avec un pic la semaine dernière on subit des attaques personnelles, contre l’entreprise, les dirigeants, les équipes », a expliqué à la presse Dominique Ciccone, directeur général de Triskalia. « On fait du Triskalia “bashing”, on dit qu’on ne respecte pas les normes, qu’on ne respecte pas les salariés, la réglementation, tout ceci est fondamentalement faux », a-t-il poursuivi lors d’un rassemblement de salariés à Landerneau, dans le Finistère.

Quelque 150 personnes se sont réunies devant le siège du groupe, qui compte 320 salariés, a constaté l’AFP. Certaines tenaient des panneaux blancs avec des lettres indiquant #TriskaliaCestnous. « À chaque fois qu’on attaque Triskalia c’est 20 000 personnes qu’on attaque », a lancé micro en main Georges Galardon, président de la coopérative, évoquant les 16 000 agriculteurs adhérents de la coopérative et ses 4 800 salariés.

Selon le groupe, 700 personnes ont participé à ces rassemblements sur ses 14 sites en Bretagne. « Derrière Triskalia il y a beaucoup de monde, beaucoup de gens qui travaillent honnêtement », a souligné à l’AFP l’un des salariés de Landerneau, Daniel Queffelec. « On n’a pas d’intérêt à nuire à l’environnement, qui est aussi notre environnement », a-t-il ajouté, évoquant un « vrai ras-le-bol » au sein du groupe.

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La coopérative a été la cible de deux mobilisations durant l'été. Une centaine de Faucheurs volontaires avaient occupé le 27 août à Glomel (Côtes-d’Armor) un centre de stockage d’engrais et de produits phytosanitaires de Triskalia pour dénoncer leurs effets sur la santé et demander l’arrêt de leur commercialisation. Deux jours plus tard, un collectif de soutien aux victimes des pesticides dans l’Ouest organisait une conférence de presse chez un éleveur en litige avec la coopérative au sujet d’une erreur de livraison d’aliment. « Alors que les analyses (réalisées par Triskalia, NDLR) ont montré que le lait était conforme, ce collectif évoque alors un “scandale sanitaire” », rétorque la coopérative, assurant que « cela fait déjà plusieurs années que des activistes mènent une entreprise de déstabilisation à l’encontre de Triskalia ».

Dans un communiqué de presse commun, le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest et Solidaires assure que la coopérative « se trouve aujourd’hui impliquée dans de multiples scandales sanitaires […] directement liés à l’utilisation irresponsable de pesticides, pour certains interdits, sur plusieurs de ses sites ». « Il est grand temps qu’à chaque scandale révélé par des salariés ou agriculteurs victimes, devenus par la force des choses lanceurs d’alerte, les dirigeants de Triskalia assument leurs responsabilités, écoutent les victimes et acceptent […] de les indemniser à la hauteur des préjudices qu’ils leur ont fait subir », souligne le communiqué.

Le 11 septembre 2014, le tribunal des affaires de sécurité sociale de Saint-Brieuc avait condamné pour «faute inexcusable» l'entreprise de nutrition animale Nutréa (filiale de Triskalia), pour l'intoxication aux pesticides de deux de ses anciens salariés sur le site de Plouisy (Côtes d'Armor), alors qu'ils manipulaient des céréales traitées destinées au bétail.

Des centaines de salariés et élus se sont réunis pour défendre leur coopérative