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En direct Trois questions à Jacques Arrivé

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Quel sentiment vous inspire l’arrivée d’un groupe brésilien en Europe ? La restructuration de la filière française ne devient-elle pas plus pressante ?

Ce sont d’abord les acteurs brésiliens de la viande bovine qui sont arrivés en Europe, maintenant ce sont ceux de la viande de volaille. Les Brésiliens montrent qu’ils ont plus de moyens que les Européens pour se développer. Nous entrons dans des schémas de plus en plus internationalisés. Mais il est important, pour demain, de garder une certaine autonomie agroalimentaire européenne. Nous arriverons ainsi à maintenir un niveau qualitatif et quantitatif satisfaisant pour nourrir la population européenne. Avec notre programme d’investissement, nous avons décidé pour le moment de privilégier la croissance interne plutôt que la croissance externe. La taille n’est pas une réponse à tout. C’est plutôt l’adaptabilité et la vitesse de réaction qui sont importantes. Quand un groupe est trop important, trop diversifié, il a plus de difficultés à s’adapter.

Quels sont les premiers résultats de votre gamme Label rouge Maître Coq ? Qu’avez-vous pensé de la réaction du Synalaf vis-à-vis de ce lancement ?

Nous allons atteindre nos objectifs. Il y a eu un bon accueil de nos clients. Ce produit nous permet d’offrir des labels d’une manière différente et de répondre plus facilement à la demande de promotion sur les labels des distributeurs. Notre premier objectif était de faire admettre le concept par notre environnement, que ce soit la distribution ou les organisations professionnelles. Le Synalaf a eu une réaction conservatrice qui n’est pas tournée vers l’avenir. Notre produit va permettre de développer les labels dont la consommation baisse.

Pour développer vos ventes à l’export, envisagez-vous une implantation industrielle hors de France ?

Les acteurs français perd de plus en plus de parts de marché dans l’Union européenne. La France a perdu en compétitivité par rapport aux autres pays européens et est confrontée aux importations brésiliennes et thaïlandaises. A l’étranger, nos spécialités comme la pintade ou le canard se vendent bien. Nous gardons une stratégie de niche et de valeur ajoutée. Nous avons l’ambition de porter la part de notre chiffre d’affaires réalisée à l’export de 7 à 10% à l’horizon 2010. Une implantation à l’étranger serait un moyen de transformer nos matières premières en produits élaborés afin de valoriser notre viande de volaille. Nous n’avons pas de projets qui aboutiraient dans l’immédiat, mais nous y restons attentif.