6 MAI 2007 : Nicolas Sarkozy est élu président de la République. 67% des agriculteurs auraient voté pour lui contre 33% ayant voté pour Ségolène Royal.
29 MAI 2007 : A l’occasion d’un déplacement en Seine-Maritime, le président de la République a affirmé que « la France mettrait son veto » dans les négociations commerciales de l’OMC si les intérêts agricoles français étaient menacés. Dans ces négociations à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), « s’il y a des efforts à faire, que tout le monde les fasse. Pour l’instant, je ne vois pas les efforts que sont disposés à faire les Etats-Unis », a dit Nicolas Sarkozy, en citant également l’Inde et le Brésil. « Si on ne comprend pas ça à la table de l’OMC, la France mettra son veto », a-t-il ajouté lors d’une rencontre avec des agriculteurs
11 JUILLET 2007 : Nicolas Sarkozy envoie à Christine Lagarde et à Michel Barnier leurs lettres de mission concernant leurs responsabilités de ministres, respectivement de l’Economie et de l’Agriculture. À la première, il évoque également l’agriculture française dans le cadre des négociations à l’OMC. Il lui demande de veiller à « la stricte réciprocité des concessions consenties » dans le cadre de l’OMC. Il lui demande aussi de préserver « les intérêts de l’agriculture française et européenne et en prenant en compte l’intérêt des pays les plus pauvres ». Au ministre de l’Agriculture, le président de la République adresse une longue lettre sur un ton très directif. « En tant que ministre de l’Agriculture et de la pêche, explique Nicolas Sarkozy, votre première mission sera de conforter le rôle de notre agriculture, de notre pêche, de notre sylviculture et de notre industrie agroalimentaire comme élément clé de notre économie, et d’affirmer, aussi bien en Europe qu’au niveau mondial, notre ferme intention d’assumer la vocation agricole de la France et de préserver notre agriculture de production. Nul ne devra douter de notre détermination à soutenir notre agriculture et notre pêche », écrit le président de la République.
11 SEPTEMBRE 2007 : Nicolas Sarkozy inaugure le salon Space à Rennes. « Je l’assure, je veux la rupture », lance-t-il. En homme pressé, il plaide pour une « nouvelle Pac » afin de « construire une agriculture de premier plan en France et en Europe ». Il veut aller vite, c’est-à-dire avant 2013. Fort de son mini-traité européen négocié en juin dernier, symbole « du renouveau de l’esprit européen », le chef de l’État entend profiter de la présidence française pour persuader ses partenaires de refonder une Pac qu’il juge « inadaptée, tatillonne et technocratique ».
25 OCTOBRE 2007 : Clôturant son « Grenelle de l’environnement » par un discours très volontariste, Nicolas Sarkozy réussit à recueillir la satisfaction des organisations écologistes sur nombre de dossiers. L’agriculture en fait partie. Le chef de l’Etat s’est déclaré prudent, sinon critique, sur trois sujets emblématiques : les OGM, les produits phytosanitaires et les biocarburants. Il annonce un gel des cultures de maïs transgénique dans l’attente d’une expertise et du vote d’une future loi. En outre, Michel Barnier se voit confier la mission de préparer un plan pour « réduire de 50% l’usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les 10 ans qui viennent ». Quant aux biocarburants, c’est sur la seconde génération que la priorité est affichée.
9 JANVIER 2008 : Le sénateur Jean-François Le Grand, président du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM fait état d’éléments nouveaux pouvant justifier une suspension de l’OGM MON 810. Un avis qui ouvre la porte à la décision du président de la République, quelques jours plus tard, de suspendre cet OGM. A peine rendu public, cet avis fait déjà l’objet d’une polémique, une partie des scientifiques consultés reprochant au sénateur d’avoir « noirci » leurs conclusions. Le projet de loi OGM est quant à lui repoussé au printemps. Chargé d’organiser les règles de responsabilité et de coexistence entre les cultures, le texte aurait dû être adopté en urgence d’ici au 9 février.
16 JANVIER 2008 : Nicolas Sarkozy fait adopter par le gouvernement et envoyer à Bruxelles un mémorandum visant à faire évoluer le droit de la concurrence européen. Objectif : donner plus de marges de manœuvres aux interprofessions pour organiser les marchés et gérer les crises. Selon l’Élysée, il faut « renouveler la politique communautaire de stabilisation des marchés agricoles en privilégiant la responsabilité des agriculteurs et des filières ».
30 JANVIER 2008 : Parmi les dossiers prioritaires de la présidence française de l’Europe, la Pac se place en « troisième priorité », annonce Nicolas Sarkozy devant l’UMP. Pour le chef de l’État, « l’Europe doit avoir le courage de faire la préférence communautaire » pour des questions d’indépendance alimentaire. Quant à la Pac, c’est un « sujet qui fâche », résume le chef de l’État. Angela Merkel invitée en « guest star » à cette convention a plaidé pour une renationalisation partielle de la Pac. Ce qui est très loin des intentions françaises.
23 FEVRIER 2008 : L’inauguration du Salon de l’agriculture a été placée sous le signe de la rupture à la fois sur la forme et sur le fond. Nicolas Sarkozy a limité au maximum sa visite du salon. Et, première pour une inauguration présidentielle, il a fait un discours, dans la ligne de son intervention à Rennes en septembre 2007. Il choisit comme à son habitude l’ « offensive », appelant à une « véritable rénovation » de la Pac dès 2009. Même fermeté pour refuser un accord à l’OMC « qui ne serait pas dans nos intérêts ». Une visite de deux heures parfaitement minutée a été ensuite occultée par une invective adressée à un visiteur du salon. L’affaire fera grand bruit dans les médias.
2 AVRIL 2008 : Lors de son intervention au congrès de la FNSEA, Nicolas Sarkozy a joué sur la corde sensible, vantant les valeurs d’un monde agricole à qui il dit « merci ». Merci de créer 64 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2007 au niveau du commerce extérieur. Merci de défendre des « valeurs modernes » … Il a évité les sujets qui fâchent comme les OGM. Sur le fond, Nicolas Sarkozy a donné l’impression de temporiser, conscient que « la rupture stratégique » dès 2008, qu’il avait défendue le 11 septembre à Rennes au sujet de la Pac, n’a pas provoqué « un enthousiasme délirant » de la part de ses partenaires européens.