Martin Hirsch, directeur général de l’AFSSA appelle à un référendum européen sur la question des OGM, qui nécessite selon lui “ un cadre démocratique clair”. L’enjeu est “ de savoir s’il sera possible de préserver des filières sans OGM”.
Gérard Pascal, de la Commission du génie biomoléculaire, déclare que “ les données ne permettent pas de dire s’il y a la moindre utilité aux OGM”. Concernant la dissémination des OGM, selon Gérard Pascal, “ il n’y a pas de risque zéro, quelles que soient les distances imposées entre les champs”.
“ L’évaluation du maïs a été on ne peut plus rigoureuse”, a affirmé le commissaire à la Santé David Byrne, rappelant que le Comité scientifique européen avait jugé ce maïs doux “ aussi sûr” que le maïs traditionnel. “ Il ne s’agit donc pas d’un problème de sécurité alimentaire mais de choix du consommateur.”
Les syndicats professionnels des semences et de la protection des plantes, qui se réjouissent de la décision de la Commission, demandent maintenant à Bruxelles de ” prendre une décision quant aux seuils de présence fortuite dans les semences“ en cas de contamination accidentelle par les OGM.
” La décision de la Commission européenne ne change rien pour les agriculteurs français, déclare Didier Marteau, de la FNSEA, les agriculteurs français n’ont pas l’intention pour le moment d’utiliser des semences OGM".
” Les OGM doivent concourir au progrès agronomique, notamment pour l’alimentation animale. C’est très maladroit vis-à-vis de l’opinion publique d’avoir choisi un maïs destiné à la consommation humaine“, regrette Christophe Terrain, le président de l’Association générale des producteurs de maïs.
François Hollande, Parti socialiste, a reproché aux autorités françaises de s’être ” défaussées sur la Commission“ de Bruxelles. ” Nous considérons que le gouvernement français aurait dû prendre ses responsabilités. C’était à l’ensemble des gouvernements de prendre une décision.“
Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, a invité les Français à “ refuser l’achat du maïs transgénique BT-11.” Il a également “ dénoncé le système centralisé d’autorisation qui empêche chaque Etat de prendre une décision nationale pour se protéger”.
La Confédération Paysanne demande au gouvernement de ”suspendre“ les huit nouveaux essais de semences OGM qui devraient démarrer après le 24 mai. ” En cas de refus ou d’absence de réponse, nous irons détruire les parcelles de la nouvelle campagne d’essais“, a affirmé Emile Sanchez, porte-parole.
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” La Commission européenne est censée représenter les intérêts des citoyens européens et de l’environnement, mais elle a manifestement favorisé ceux des agriculteurs américains et de l’agro-business“, a déclaré Eric Gall, de l’Unité européenne de Greenpeace.
“Les politiciens peuvent dire oui mais le public dit clairement non. Le marché européen est virtuellement mort, des régions interdisent la culture d’OGM et l’industrie s’en va“, note l’association des Amis de la Terre.
” Nous sommes très déçus et considérons que les autorités nationales n’ont pas fait leur travail“, a déclaré Hélène Moraut-Pestanes, de l’ UFC Que Choisir, estimant que la Commission est ” une structure technique et non un organe de décision.“
” Nous avons affaire à l’entrée dans l’alimentation d’un produit qui n’a pas fait la preuve de son innocuité sur l’être humain, a renchéri Arnaud Faucon de Consofrance. Les consommateurs devront faire pression au maximum.“
La levée de moratoire est ”un scandaleux abus de pouvoir et un véritable déni démocratique“ a estimé la Coordination rurale dans un communiqué, ”cette décision risque d’être catastrophique pour les producteurs de maïs doux français, ainsi que pour les conserveries.“
La Fédération nationale des agriculteurs biologistes craint à terme une ”contamination généralisée“ de l’ensemble des cultures et produits pour animaux qui risque de dévaloriser les récoltes bio et freiner les conversions d’autant que la question des indemnisations en cas de contamination reste en suspens.
Le groupe Carrefour a précisé que pour ses produits à marque Carrefour, il s’était engagé à travailler en dehors des filières OGM. ”Pour les produits à marque nationale, on laisse libre choix aux consommateurs puisque les produits seront étiquetés.“
”Les fabricants français de maïs doux continueront à produire et à commercialiser uniquement du maïs doux non OGM, comme ils l’ont toujours fait“, affirme l’ Association des entreprises des produits alimentaires élaborés (Adepale) qui regroupe les entreprises spécialisées Bonduelle, D’Aucy, Géant Vert, Gillet-Contres, Larroche.