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Un lobbying « horrible »

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Au terme d’une séance de commission parlementaire dans une salle comble et une ambiance agitée, tous les acteurs institutionnels du dossier allégation pointaient du doigt l’action des lobbies, pour expliquer la confusion des débats. Les pressions ont été « horribles » et souvent « mal informées », s’insurgeait même l’entourage d’une députée. « Ferrero, Kellogg’s, Unilever, tous les grands de l’agroalimentaire sont venus nous voir les uns après les autres en nous expliquant qu’ils représentaient une position modérée et consensuelle dans le secteur », fait remarquer une autre. Mais si certains amendements peuvent être à mettre au crédit de certains lobbyistes du secteur, les industriels ne sont pas les seuls. Les Etats membres aussi ont effectué des pressions sur leur groupe de députés nationaux. Et à ce jeu, l’Irlande et les pays de l’Est sont les champions, fait remarquer une participante. Les associations de consommateurs aussi se sont illustrées, principalement le Beuc (Bureau européen des consommateurs). Quelques jours avant la réunion des eurodéputés, l’organisation a publié un livre noir sur les allégations santé, offert au commissaire Markos Kyprianou, lors de la journée des consommateurs. « Un recueil très épais d’exemples d’allégations trompeuses figurant sur les aliments un peu partout en Europe », indique le Beuc, militant de la première heure de la notion de profils nutritionnels.