Les groupes Tengelmann et Edeka réunissent leurs activités discount « Plus » et « Netto », donnant naissance à un nouveau numéro trois du secteur qui va talonner de près Lidl. Le groupe Rewe ne cache pas son dépit alors qu’il rêvait de racheter « Plus » pour prendre la place du leader Lidl.
Un nouveau géant du discount alimentaire va voir le jour en Allemagne après l’annonce le 16 novembre d’un accord entre les groupes Tengelmann et Edeka visant à unir dans une société commune leurs activités respectives dans ce secteur. Les deux groupes ont signé un accord de principe prévoyant le rachat par Edeka de la chaîne en difficulté financière «Plus» – numéro trois du discount en Allemagne derrière Aldi et Lidl –, qui sera intégrée dans une société commune où seront apportées les activités discount d’Edeka, « Netto », actuel numéro cinq. Le nouvel ensemble pèse plus de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires, précise Tengelmann dans un communiqué. Il restera encore à bonne distance du leader Aldi (27 milliards d’euros de c.a. l’an passé), mais talonnera le numéro deux Lidl (quelque 12 milliards d’euros). Edeka en détiendra 70%, Tengelmann les 30% restant. Plus apporte environ 2.900 magasins, Netto 1.300. Aucun détail financier n’a été dévoilé. Tengelmann, société familiale créée en 1867, est d’ordinaire peu loquace. Le montant des pertes de « Plus » reste aussi un secret bien gardé. « Pour moi, le partenariat avec Edeka est vraiment pertinent, car les concepts se complètent de façon idéale, de même que le réseau des implantations géographiques de Plus et de Netto », a jugé le patron de Tengelmann Karl-Erivan Haub. Le nouveau géant veut continuer à croître et prévoit d’ouvrir 300 nouveaux magasins par an, a renchéri le président d’Edeka Alfons Frenk.
Un mariage Penny/Plus aurait détrôné Lidl
Le groupe allemand Rewe, numéro trois de l’alimentaire en Europe, qui était aussi sur les rangs pour s’allier avec Plus, a réagi promptement. « On fera les comptes après la fermeture des magasins », a déclaré son président du directoire le Français Alain Caparros, cité dans un communiqué. Rewe avait fait une offre pour Plus, mais n’avait pas caché qu’il serait extrêmement difficile de gérer ses activités de façon rentable, selon le communiqué. « Nous allons croître de façon rentable en Allemagne et à l’étranger, mais pas à n’importe quel prix », a fait savoir Alain Caparros. Le groupe Rewe voulait en fait marier sa propre chaîne discount « Penny » avec « Plus ». Leur union aurait détrôné Lidl à la place de numéro deux. Mais la fusion aurait, selon la presse, entraîné de nombreuses fermetures de magasins et suppressions de postes.En cédant «Plus», Tengelmann – qui possède aussi les supermarchés éponymes et Kaiser, les grandes surfaces de bricolage Obi et le discounter textile Kik –, se sépare de plus du tiers de son chiffre d’affaires qui s’élevait à près de 25 milliards d’euros en 2006/07. Edeka, premier distributeur alimentaire allemand, pèse de son côté 37 milliards de chiffre d’affaires.