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Yves Stunic, ancien cadre de Nestlé, Duc et Arro (groupe allemand Reinert), veut débloquer le dossier Fralib. « J’ai contacté les salariés. Eux tiennent à garder la marque L’Eléphant mais Unilever aussi. Ils sont dans une situation de blocage. Je ne m’inscris pas en repreneur mais le projet de Scop est intéressant et je peux apporter mon expertise des produits agroalimentaires », explique-t-il. Pour lui, le projet de Scop doit se concentrer sur les MDD, quitte à créer une marque régionale. « Le site industriel est performant, avec des lignes à très forte cadence sur les sachets double chambre. Cela correspond au marché des MDD. » Yves Stunic estime que le marché du thé et des infusions sous MDD va se développer car leur part de marché est à
20 %, loin des scores de certains autres marchés. « C’est d’ailleurs l’argument qu’Unilever met en avant pour fermer le site, la perte de parts de marché au profit des MDD. » Yves Stunic pense que le site peut redémarrer sans la marque L’Eléphant. En revanche, la sous-traitance est indispensable pour assurer un volume d’activité en attendant les premiers marchés MDD, à échéance d’un an. « Les salariés ont déjà des pistes. Quant à Unilever, la sous-traitance pendant deux ou trois ans est classique dans ce genre de dossier. » Le groupe refuse pour l’instant d’accéder à cette demande. Il va aussi falloir recréer un encadrement « sans générer des frais de structure qui seraient insupportables. » Les négociations entre Unilever et les salariés ont démarré fin mai sous l’égide d’un médiateur. Elles devaient durer un mois. Mais un nouveau médiateur pourrait être désigné. En attendant, Yves Stunic continue à travailler sur son business plan avec le cabinet d’expert des salariés, Progexa. Une centaine de salariés (sur les 182 que comptait l’usine au départ) restent mobilisés sur le projet de Scop et sont prêts à y investir leur prime de départ.