Rarement compétition n'aura été le prétexte à triturer autant les chiffres. Tous les ans, à cette même période, les principales marques de foie gras se livrent à un exercice compliqué : être le premier à donner le bilan des ventes de foie gras en GMS durant les fêtes, qui concentrent encore l'essentiel de l'activité annuelle de ce précieux mets. Des données, soit dit en passant, que les uns, puis les autres, s'attachent à publier sur des périodes différentes, prenant ou ne prenant pas en compte tel ou tel autre marque ou segment de marché, pour autant de bonnes ou de mauvaises raisons qui leur sont propres, liées à leur cuisine interne, rendant, chacun en conviendra, la lecture pour le moins compliquée. Mais comme chacun sait, on peut tout faire dire aux chiffres, tout dépend ce qu'on veut montrer et à qui on s'adresse… Et les enjeux financiers sont sans doute à la hauteur de cette gymnastique.
La France reste le premier producteur de foie gras au monde avec 19 200 tonnes en 2013 (sur une production mondiale estimée d'environ 26 000 tonnes), selon les chiffres du Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). Et la passion des Français pour le foie gras ne se dément pas. Ils sont 95 % à en consommer, selon une enquête CSA menée en octobre 2014.
En témoignent les derniers chiffres, qui eux ne font pas débat, publiés par l'interprofession qui annonce sans ambages un « excellent millésime 2014 pour le fois gras ». De fait, l'an dernier, les ventes en GMS ont progressé de 2,2 % en volume et de 2,6 % en valeur (sources IRI). Mieux encore, sur l'ensemble de l'année, les progressions ressortent respectivement à 3,1 % et 4,2 %. Des ventes records qui ont porté sur plus de 5 300 tonnes pour près de 300 millions d'euros.