Peu de distributeurs cette année au Salon de l’agriculture.
Par craintes des représailles ? Les Jeunes agriculteurs viennent de lancer une opération contre les pratiques commerciales des enseignes, qu’ils dénoncent, sous le thème « Grande distribution : la vérité si je mens » à destination de leurs clients. Nous n’avons jamais été présents, répond-on chez Leclerc, dont le centre de Pontarlier a fait l’objet d’une opération menée par les Jeunes agriculteurs le 28 février. Casino, Cora, Système U n’ont pas laissé beaucoup de souvenirs non plus. Mais Auchan, Monoprix et Intermarché, qui ont parfois disposé de grands stands, n’ont pas renouvelé l’expérience en 2004. Auchan est toutefois présent, même sans stand. Le distributeur nordiste est l’invité des éleveurs de veau de l’Aveyron et du Ségala — partenaires de l’une de ses filières.
Reste Carrefour. « Nous avons beaucoup de produits de qualité à présenter, issus de nos filières et de notre marque de distributeur Reflets de France », explique une porte-parole du distributeur. Cette année, tout le stand est consacré au lait et aux produits laitiers, sur fond de « Mieux consommer », le thème de la campagne de publicité lancée en janvier par l’enseigne dans l’espoir de ramener les consommateurs dans ses rayons. Quelque 230 filières ont été mises en place par Carrefour en France en partenariat avec des agriculteurs — 450 dans le monde. La dernière date du 3 février et concerne la tomme de Savoie au lait cru. A noter que le site internet de Carrefour présentera bientôt un portail dédié à chacune des filières du distributeur, à l’attention de ses clients désireux d’en savoir plus.
Certains regrettent déjà ne pas avoir assuré une présence au salon. « Nous pensons y aller en 2005, prévoit Serge Papin, patron de Système U. Mais plutôt que de faire un stand, il faudrait en faire plusieurs, avec nos produits, issus de la filière viticole, de la filière des fruits et légumes, de la filière porcine, de la filière bovine, pour expliquer le travail des producteurs et des commerçants, et dire en quoi consistent les contrats de culture et la notion de qualité recommandée ».