Un bâtiment de 50 m2 sera installé sur le nouveau site LyonTech-La Doua, l'éco-campus de 140 000 m2 réhabilité dans le cadre du programme des investissements d'avenir. La première ferme urbaine produira des salades dès mai 2016.
Depuis le lancement de l'idée en 2014 de faire pousser des salades autrement, tous les essais technologiques ont été réalisés chacun séparément. A partir de mai, tous prendront vie grandeur nature sur la première ferme urbaine opérationnelle, dans un bâtiment de 50 m2 (et non 120 m2 comme annoncé au lancement du projet) construit sur le nouvel éco-campus LyonTech-La Doua à Villeurbanne, près de Lyon. « Ce site pilote va combiner l'ensemble des solutions testées pour faire la preuve du concept du bon fonctionnement de la ferme urbaine, expose Philippe Audubert, urbaniste fondateur-dirigeant de l'agence d'architecture et d'urbanisme lyonnaise Notus et à l'initiative de la SAS FUL, pour Ferme urbaine lyonnaise. Les fonds sont en train d'être levés. Entre les aides accordées par FranceAgriMer dans le cadre du programme des investissements d'avenir (PIA), un financement de l'Ademe Rhône-Alpes et du financement participatif récolté auprès de 29 investisseurs individuels et entreprises, le projet disposera d'un financement de 800 000 € pour lancer son site pilote. » Les seules aides PIA représentent 200 000 € selon FranceAgriMer qui a accordé cette subvention, fin décembre 2015, sur la base d'un projet chiffré à 934 000 €.
COMMERCIALISATION EN 2018
À partir de mai, la ferme urbaine lancera la production de salades, via la technique de l'hydroponie, testée depuis plus de deux ans. Celle-ci consiste à cultiver des plantes sur un substrat neutre et inerte (sable, pouzzolane, billes d'argile, laine de roche…) régulièrement irrigué avec une solution liquide qui apporte sels minéraux et nutriments. Cette technique permet de tendre vers un taux zéro de nitrates et de pesticides. Elaboré en circuit fermé, ce mode de culture contribue à une meilleure gestion de l'eau avec des rejets évités. Une production en mode vertical se présente sous forme d'un empilement de grandes nappes de tapis roulants sur plusieurs niveaux. La ferme peut ainsi pousser sur des toits d'immeubles.
« La ferme de la Doua nous servira de site vitrine pour commercialiser la solution à partir de 2018 », affirme Philippe Audubert. Les études, notamment avec de futurs ingénieurs de l'Insa de Lyon mais également avec l'Isara de Lyon, le centre de re-cherches Inra d'Angers et AgroCampus Ouest d'Angers, permettront d'affiner le concept qui sera modélisé pour être déployé sur des surfaces plus importantes lors de sa commercialisation.
La FUL intéresse des exploitants agricoles, des industriels de l'agroalimentaire, pour cultiver des plantes à haute valeur ajoutée, et la grande distribution, qui pourrait faire pousser ses salades sur son toit pour les vendre directement à ses clients. L'entreprise lyonnaise compte trois salariés, deux étudiants de l'Insa de Lyon et s'appuie sur un conseil scientifique pour poursuivre les études en 2016 et 2017.