Au-delà de la présentation détaillée de sa stratégie, Siclaé affiche une stratégie et une communication financière plutôt novatrices pour la coopération. Alors que les querelles de clochers bloquent parfois longtemps les rapprochements, Siclaé se met à l'ambiance feutrée des salons parisiens pour présenter sa stratégie financière et les résultats de sa récente émission d'obligations convertibles en actions.
CONFÉRENCE de presse parisienne avec la présence de Bloomberg et Reuters, Siclaé veut donner une nouvelle envergure à sa communication financière. Le groupe coopératif n'a jamais été avare d'informations concernant son financement, mais il a confirmé sa maturité dans ce domaine lors du rendez-vous donné à la presse le 16 avril.
ASSURER LA LIQUIDITÉ DES CAPITAUX
Pour assurer la liquidité de ses capitaux, Siclaé organise ainsi deux fois par an une plateforme de vente et d'achat pour les actionnaires personnes physiques (3 500 adhérents et collaborateurs à ce jour, qui ont investi 17 millions d'euros), sur la base d'une valorisation du titre déterminée par un expert indépendant. Autre innovation, la proposition de verser les dividendes du dernier exercice aux coopérateurs sous forme d'obligations convertibles en action. Environ 10 % des adhérents ont levé cette option (montant : près d'un million d'euros) malgré l'absence de communication sur le dispositif, finalisé très tardivement.
LA BOURSE ? PAS MAINTENANT…
Si Vivescia ne perd pas de vue sa vocation de développement territorial, son discours n'en est pas moins décomplexé concernant le financement des ambitions de Siclaé. « Nous pensons trouver d'autres moyens qu'une cotation boursière pour l'instant et ce n'est pas programmé à court terme, indique Pascal Prot, président. Mais il ne faut jamais dire jamais. Compte tenu de nos projets, nous trouverons peut-être un jour une solution boursière. »
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S'ALLIER À D'AUTRES COOPÉRATIVES
Siclaé a mis en place une gouvernance à la hauteur de ses ambitions. Outre le conseil de surveillance, où siègent des représentants des investisseurs financiers, Sicom (commandité et Siclaé) accueille des personnalités indépendantes (Jean-Martin Folz, ex-PSA, et Didier Alix, ex-Société Générale). « Et nous sommes prêts à revoir notre gouvernance si nécessaire, par exemple en cas de grosse acquisition », assure Pascal Prot, qui juge nécessaire la poursuite de la consolidation avec d'autres coopératives. « Au fur et à mesure que l'aval se développe, il faut que la maison-mère change son assise, poursuit Alain Le Floch, directeur général. On peut imaginer de la croissance via des alliances locales avec d'autres coopératives. »
RATIONALISATION DES ACTIVITÉS
En attendant, Siclaé ne fait pas la course à la taille pour la taille (voir article précédent). Concernant la gestion des risques, qui implique une taille critique, Alain Le Floch est confiant. « Nous sommes parmi les coopératives dont la gestion des risques est la plus aboutie », estime-t-il. Pour ce faire, Siclaé a mis en place une salle de marché dont les bonnes pratiques sont issues du monde financier, et adaptées au monde des céréales.