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Machinisme Une évolution des ventes différentes suivant les secteurs

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Globalement, le marché 2004 du machinisme agricole a bénéficié d’une incontestable progression des achats. Cependant, si l’on regarde de plus près, l’évolution s’est faite souvent différemment suivant les secteurs.

Avec une augmentation globale de 5,3 % des immatriculations à 40 279 unités en 2004, les différents types de tracteurs n’ont pas tous bénéficié de cette hausse. Si le segment des 100 à 150 ch a progressé de 25 %, les tracteurs standards de moins de 80 ch ont, eux, reculé de 18 %. C’est finalement les plus de 170 ch qui ont affiché la plus forte progression avec 35 %. Les ventes de tracteurs de vignes et vergers ont de leurs côtés fortement reculé (voir encadré) avec - 29 % pour les moins de 80 ch. Pour les matériels de travail du sol, semis et fertilisation, après une année 2003 marquée par un recul général des ventes, une progression de 5 à 20 % a été observée en 2004, excepté dans le secteur de la charrue classique, resté stable.

Des ventes en hausse pour les pulvérisateurs

Concernant les matériels de protection des cultures, l’année 2004 s’est terminé de façon positive. Les investissements en grandes cultures et polyculture/élevage se sont maintenus à un niveau soutenu. Les perspectives pour la fin de la campagne 2005 sont plutôt bonnes et laissent entrevoir un marché en très légère progression. Jean-Pierre Bernheim, vice-président du Syndicat général des constructeurs de machines et tracteurs agricoles (Sygma) a par ailleurs indiqué que « la loi sur l’eau allait permettre un renouvellement des pulvérisateurs et donc une augmentation prochaine des ventes ». La loi sur l’eau, actuellement soumis au vote du Parlement, prévoit un contrôle systématique de tous les appareils vendus à partir du 1er janvier 2006 et de tous les appareils utilisés à partir du 1er janvier 2008.

Les ventes de matériels de récolte automoteurs ont affiché une forte augmentation en 2004 : près de 12 % (1 633 unités) pour les moissonneuses-batteuses et 9 % pour les ensileuses automotrices (419 unités). Le Sygma explique cette progression par le besoin de renouvellement d’un grand nombre de machines correspondant aux investissements des années 1996 et suivantes.

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Après une très bonne saison 2003-2004 qui s’était terminée à 507 machines (+ 37 %), les ventes de presses à balles carrées devraient reculer de 11 % pour 2004-2005 à 450 machines.

Malgré une campagne 2003-2004 en recul de 4 % à 5 256 unités, les prévisions de ventes des presses à balles rondes sont chiffrées à 5 500 unités pour 2004-2005, soit une progression de près de 5 %. Du côté des matériels de fenaison, la campagne 2004, terminée fin août, a affiché une hausse de 6 % pour les faucheuses/conditionneuses et une stabilité en matériel de fenaison. Les prévisions de vente des faucheuses/conditionneuses pour la saison 2004-2005 s’établissent à 2 900 machines (+ 4,5 %). Concernant les machines de fenaison (faucheuses, conditionneuses, faneuses, andaineuses, …), leur marché devrait augmenter de 10 %.

Attentisme pour les éleveurs de bovins lait

Le secteur bovin lait est depuis plusieurs mois dans une situation d’attentisme liée à la baisse du prix du lait. Malgré des besoins importants en renouvellement de matériels (afin d’améliorer la productivité), cet attentisme semble se confirmer en début d’année 2005. Les exploitations laitières avec des quotas inférieurs à 400 000 litres restent dans l’expectative face aux lourds investissements de mise aux normes et aux incitations à la cessation d’activité « lait ». Les ventes d’équipements de traite, incluant les robots, ont cependant progressé d’environ 1 % en 2004. Le secteur bovin viande est par ailleurs pour l’instant relativement bien orienté. Les nouvelles contraintes supportées par les éleveurs laitiers peuvent avoir une influence dans leur reconversion vers les troupeaux viande, moins pénalisés par les mises aux normes du 2e Programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole (PMPOA 2). Les ventes de matériels d’élevage en bovins viande ont souvent compensé le déficit sur le matériel du secteur bovin lait. Pour le porc, après des années 2002 et 2003 limitées en termes d’investissements, l’année 2004 a été mieux orientée. Grâce à des cours du porc en hausse par rapport à l’année précédente, les éleveurs ont pu reprendre leurs investissements. Selon le Sygma, « les carnets de commande sont même bien garnis en ce début d’année ».