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Lors de cette assemblée générale du CNIPT, un éclairage sur les tendances de la consommation en général a été donné, par l’intervention d’un expert invité par les organisateurs, Olivier Dauvers, éditeur spécialisé sur le sujet de la distribution. Pour lui, l’évolution économique est très défavorable à la consommation.
Il n’a pas caché que la société de consommation touche à sa fin, parce que les deux moteurs qui la propulsaient jusque là sont en perte de vitesse : la croissance économique et l’endettement. En outre, la montée du chômage a un effet direct sur le niveau de la consommation : « Chaque fois qu’un actif perd son emploi, il commence à réduire sa consommation de 20% dès la première année. Au bout d’un an, s’il n’a pas retrouvé d’emploi, il réduit sa consommation de 20% de nouveau. Si au bout de trois ans il n’a toujours pas retrouvé d’emploi, il se met en mode survie et réduit de nouveau sa consommation de 20% ». Enfin, autre source de difficultés, dans ce contexte déjà concurrentiel, où la demande se contracte, il se construit plus de trois millions de mètres carrés de surfaces commerciales par an. « Chaque mètre carré génère moins de revenu commercial, au moment où le nombre d’euros vendus diminue ! », s’est exclamé Olivier Dauvers.
Cette situation rend prévisible une guerre commerciale renforcée entre les enseignes, avec une agressivité sur le principal levier d’action dont elles disposent pour gagner des parts de marché : le prix. Et pour couronner le tout, les enseignes pratiquent plus que jamais la péréquation des marges : en général des sur-marges sur les produits frais et des sous-marges pour l’épicerie. Mais, malgré ces tendances de fond, les producteurs ont un atout : ils peuvent donner de la valeur aux produits. Il a cité un exemple de réussite : les légumes coupés en morceaux. Ceux-ci « coûtent trois fois plus cher que les légumes à l’état brut, mais malgré la crise économique, les consommateurs achètent ». Il a cité un autre exemple, celui de Nutella, avec un commentaire : « Même quand c’est cher, dès lors que le consommateur estime que le produit le vaut bien, il l’achète ».
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