Le groupe Pernod Ricard a obtenu de ses actionnaires la possibilité d’émettre des bons de souscription d’action (BSA) en cas d’OPA hostile lors de son assemblée générale annuelle réunie la semaine passée. En cas de déclenchement d’une OPA hostile, la nouvelle loi de mars dernier permet en effet au groupe attaqué par une telle OPA d’émettre des BSA baptisés « bons Breton » (du nom du ministre de l’Economie). Ceux-ci, à vrai dire, « n’ont pas pour but d’éviter une OPA mais de rendre l’achat le plus cher possible pour l’acquéreur dans l’intérêt des actionnaires », a déclaré Patrick Ricard, le p.-d.g. du groupe. Le montant nominal maximum des actions ordinaires qui pourraient être ainsi émises par exercice de ces bons ne pourra pas dépasser un plafond de 145 millions d’euros, et ne va pas se situer au-dessus de 50 % du capital actuel. La famille Ricard, qui a franchi récemment le seuil de 10 % du capital, et le groupe japonais Kirin, associés à des actionnaires individuels proches, détiennent de concert environ 14,5 % du capital et près de 21,76 % des droits de vote de Pernod Ricard. L’objectif visé par Pernod Ricard est de pouvoir se défendre contre des groupes non cotés ou des sociétés non-européennes qui disposent d’autres armes pour se prémunir contre les attaques sur leur capital, a indiqué Pierre Pringuet, directeur général délégué du groupe.
M. Ricard a par ailleurs annoncé aux actionnaires l’attribution d’une action gratuite pour cinq détenues. Cette attribution ne sera effective que le 16 janvier 2007. L’assemblée genérale a voté un dividende de 2,52 euros par action.
Les dirigeants de Pernod Ricard ont indiqué qu’ils espéraient augmenter le taux de distribution des bénéfices le plus tôt possible mais que «l’objectif principal» restait le désendettement du groupe (6,5 milliards d’euros fin juin).