A l’occasion de la présentation de ses résultats, Unilever a annoncé la mise en vente de sa branche surgelés en Europe. Iglo et Birds Eye vont donc être cédés, « en une ou plusieurs parties ». Mais le géant anglo-néerlandais gardera en revanche ses surgelés sur le marché italien, regroupés sous la bannière de Findus. La marque y est en effet leader et Unilever souhaite garder une carte à jouer face à ses partenaires commerciaux. Cette vente s’inscrira dans la poursuite du plan de redressement du groupe, qui lui permet pour 2005 d’afficher 3,5 milliards d’euros de bénéfice net (+21 %) et un chiffre d’affaires de 39,6 milliards d’euros (+3 %).
Cette décision était attendue depuis plusieurs mois. Et Unilever a tranché : en quête de rentabilité, la firme anglo-néerlandaise a décidé de se séparer de son pôle de surgelés européen. Même si ses ventes avoisinent les 2 milliards d’euros, l’activité ne crée plus assez de valeur aux yeux de cette société qui cherche à pousser sa rentabilité au-delà des 10 %. « Les surgelés ont été un business profitable pendant plusieurs années, a déclaré dans un communiqué Patrick Cescau, p.-d.g. du groupe. Nous avons construit de grandes marques. Mais la croissance y est désormais trop dure à trouver ». Déjà, fin décembre, le groupe agroalimentaire est parvenu à se débarrasser de sa marque de surgelés Mora, produite en Belgique et aux Pays-Bas, en signant un accord de vente avec la société néerlandaise Ad van Geloven, spécialisée dans les snacks.
Le géant garde un pied dans la Péninsule
Mais attention ! Unilever n’agit pas à l’emporte-pièce : seules les marques Iglo et Birds Eye, qui regroupent 5 sites de production et 3 500 employés, seront cédées. En revanche, le géant conservera son activité sur le marché italien, où il opère sous la marque Findus. « Nous pensons qu’il faut rester sur ce marché où les perspectives sont bonnes,a poursuivi le dirigeant. Les surgelés y sont pour nous stratégiques de plusieurs manières. Ils représentent notre plus grosse activité dans ce pays, et leur maintien jouera un rôle important pour nos futures relations commerciales. » Unilever se retire ainsi du marché des surgelés de neuf pays (France, Belgique, Allemagne, Grèce, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Espagne et Royaume-Uni).
Les regards se tournent vers CapVest
Reste à savoir qui aura les reins assez solides pour reprendre le morceau. D’un seul coup ou par appartements, Unilever compte bien tirer un bon prix de ses marques, par ailleurs leaders (loin devant toute concurrence) sur de nombreux marchés. Le nom de CapVest est sur toute les lèvres. Cette société de capital-risque britannique vient en effet de se renforcer dans les surgelés en se portant acquéreur il y a quelques jours de Findus, société qui regroupe la marque éponyme en France, Suède, Norvège, Finlande, Danemark, et dans certains pays d’Europe de l’Est comme la République tchèque cf. Agra alimentation n°1916, du 9 février, p.28. Et chacun spécule sur sa capacité à ériger un consortium européen qui remette un peu d’ordre dans le secteur des surgelés.
Les crèmes glacées restent une priorité
La publication officielle de ses résultats n’aura pas été l’occasion de cette seule annonce. Unilever a plus que jamais rappelé son objectif de s’imposer en tant que numéro un des crèmes glacées, avec ses marques phares comme Carte d’Or ou Magnum. Au coude à coude avec le suisse Nestlé, le groupe anglo-néerlandais n’a pas dit son dernier mot. Cette bataille rangée pour la place de leader européen dure maintenant depuis plusieurs années, et plus que jamais reste d’actualité.
Une restructuration qui porte ses fruits
Côté chiffres, Unilever a dévoilé pour 2005 un bénéfice net de 3,5 milliards d’euros, en hausse de 21 % par rapport à l’an dernier. Avec ses multiples marques à succès (Lipton, Amora, Knorr…) dans l’alimentaire, mais aussi l’hygiène corporelle, ou encore les produits domestiques, le groupe avait dégagé en 2004 un bénéfice net de 2,8 milliards d’euros. Sans ajustement de périmètre, son bénéfice s’établit cette année à 3,9 milliards d’euros : une hausse de 35 %. De bons résultats obtenus grâce notamment à un dernier trimestre fructueux. Alors que les ventes du groupe ont atteint 39,6 milliards sur l’ensemble de l’année (+3 %), 10,08 milliards ont été réalisés au cours du dernier trimestre. Il s’agit d’une hausse de 5 % si l’on tient compte du fait que le quatrième trimestre comptait 6 jours en moins. Les efforts de restructuration mis en œuvre sont payants. « Le redressement est en cours, s’est félicité Patrick Cescau. Nous avons enregistré la meilleure hausse de notre taux de vente depuis trois ans (...) et terminé 2005 en meilleure forme que nous ne l’avions démarrée». Fort de cette belle santé, Unilever prévoit pour cette année un programme de rachat d’actions de 500 millions d’euros.