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Le géant anglo-néerlandais de l'alimentation et des cosmétiques Unilever a publié le 23 janvier pour 2012 un bénéfice net de 4,95 milliards d'euros (4,48 milliards part du groupe) en hausse de 7% (6% à taux de change constant) après un bénéfice opérationnel de 6,99 milliards en hausse de 9%. Unilever a réalisé pour la première fois un chiffre d'affaires supérieur à 50 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année, à 51,3 milliards, soit une hausse de 10,5%. Cette hausse profite d’un change favorable pour 2,2% et un solde net des cessions sur acquisitions de 1,1%. La croissance à taux de change et périmètre constants (USG) ressort à 6,9%. La partie alimentaire pèse pour 14,4 milliards et les boissons et glaces pour 9,7 milliards avec des croissances respectives de 1,8% et 6,3%, inférieures aux performances du groupe. Dans l’ensemble, celles-ci sont plus marquées dans la zone Asie-Afrique, avec 10,6% à 20,4 milliards et pèsent pour 55% du chiffre d’affaires. Aux Amériques, le groupe a augmenté ses ventes de 7,9% à 17,1 milliards tandis qu'en Europe, les ventes sont restées stables (+0,8%) à 13,9 milliards. Le groupe qualifie dans son communiqué ces résultats « d'étape importante » pour atteindre l'objectif précédemment annoncé d'un chiffre d'affaires de 80 milliards d'euros. Mais, prévient Paul Polman, directeur exécutif, cité dans le communiqué, « les marchés vont rester difficiles, à cause d'une compétition intense et de coûts de matières premières volatils ».
Contreperformance des branches alimentaires
La branche purement alimentaire avec des ventes de 14 milliards sur un an a connu une faible croissance de 1,8%, notamment en raison d’un dernier trimestre en recul de 0,1% à 3,8 milliards. La fin d’année a été marquée par une baisse des ventes des tartinables, conduisant entre autres le groupe à céder sa marque Skippy à l’américain Hormel au début 2013. Les margarines liquides pour la cuisine, tout comme les sauces, condiments, herbes et épices ont bien résisté, profitant d’innovations et de campagnes publicitaires. Les bouillons Knorr ont connu une forte croissance avec de nouvelles variétés. Unilever se dit un peu déçu par les résultats de cette branche, victime d’une concurrence sévère, de la flambée des prix des matières premières ayant largement érodé ses marges en dépit d’une réduction des coûts de promotion et publicité. Il espère que 2013 verra une restauration des marges bénéficiaires.
L’activité des boissons et glaces a été plus satisfaisante avec une croissance de 6,3% à 9,7 milliards (6,7% et 1,9 milliard au dernier trimestre). Les glaces ont même connu une croissance à deux chiffres sur les trois derniers mois, la marque Magnum dépassant pour la première fois la barre du milliard d’euros sur les douze mois (tout comme Sunsilk, portant à 14 le nombre de marques milliardaires dans le groupe). Les glaces Ben & Jerry's, malgré une compétition « intense » sur le marché américain des glaces à emporter à la maison, a également vu ses ventes augmenter. Les ventes de thé ont continué de progresser en fin d’année, notamment la marque Lipton portée par le succès des ses sachets en Turquie et la relance de la marque en Russie. L’Inde a connu une forte progression à deux chiffres avec la marque Brooke Bond.