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Variable d’ajustement

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Les comptes annuels de l’agriculture permettent de rappeler des données évidentes si on prend un certain recul. Ainsi, il y aurait de quoi expliquer au grand public, aujourd’hui, qu’il a vraiment de la chance. Il est nourri, plutôt en abondance et en qualité, avec des prix stables ou même qui diminuent dans certains domaines, et tout cela par qui et comment ? Par des agriculteurs dont le revenu s’est réduit d’un quart en une seule année ! Quelle population de salariés accepterait une telle réduction de son revenu sur une année ? Aucune. Quel secteur de petites entreprises pourrait survivre si elles subissaient des prix de vente et des prix d’achat aussi volatils que ceux que connaissent les agriculteurs ? D’autant que cette volatilité semble durablement s’exprimer, par les temps qui courent, à la baisse. Certes, dans l’informatique, sur le marché des semi-conducteurs, il peut aussi se produire des variations extrêmement fortes des prix. Mais les producteurs et les acheteurs sont en général des mastodontes. Et, surtout, les variations de prix sont la plupart du temps répercutées jusqu’au produit final. Ce qui n’est pas le cas dans les filières alimentaires. Du coup, l’agriculteur est la variable d’ajustement de la volatilité.

On ne sait si la campagne électorale pour la présidentielle sera l’occasion de débats de société constructifs. Mais ce devrait être l’occasion pour le monde agricole d’expliquer aux candidats comme à la société toute entière qu’elle a la chance d’avoir une agriculture aussi résistante. Mais qu’il ne faut pas trop tirer sur la corde. Car cette résistance risque bien de ne pas être… durable.