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S’adressant à la conférence annuelle de la Société américaine pour l'avancement de la science (AAAS) réunie ce week-end à Vancouver (Colombie Britannique, ouest du Canada), le docteur Mark Post, directeur du département de physiologie de l'Université de Maastricht (Pays Bas), a annoncé mettre au point, en laboratoire, dès l’automne prochain un hamburger issu de cellules souches. Celles-ci, encore dans les éprouvettes, ont été prélevées sur des muscles de bœuf de 2 centimètres de long, 1 cm de large et 1 millimètre d’épaisseur. Elles seront mélangées à du sang et élevées dans du sérum fœtal de veau. La première réalisation sera présentée en octobre à Maastricht.
Le coût pour produire ce premier hamburger « expérimental » se monte à 250 000 euros, a précisé ce chercheur ajoutant aussitôt que le second devrait être plus abordable à 200 000 euros. Le projet a été financé par un riche donateur qui souhaite rester anonyme. Il vise une réduction de 60% de l’impact environnemental des élevages bovins qui contribuent, par leurs émissions de gaz à effet de serre, au réchauffement climatique. L’élevage consomme également énormément de terre, 70% des terres agricoles, tendance qui va se poursuivre, la consommation devant doubler d’ici 2050. Ce nouveau type de viande ne devrait toutefois pas arriver dans les assiettes des consommateurs avant une dizaine, voire une vingtaine d’années, car il faut rendre cette technique compétitive et obtenir les autorisations nécessaires. Les équipes mobilisées sur le projet travaillent également à trouver des substitutifs à d’autres viandes et aux produits laitiers. Restera à convaincre les consommateurs que ces produits de substitution offrent les mêmes qualités nutritionnelles, mais surtout gustatives que leurs viandes ou laitages habituels. Les promoteurs du projet ne doutent pas que cela sera possible.