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Viticulture Vin : le rattrapage des prix doit continuer, selon la CFVDP

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« Les producteurs de vin doivent continuer le rattrapage des prix », a conseillé Michel Servage, président de la Confédération française des vins de pays, à l’occasion de son assemblée générale le 23 juin à Paris. Le manque de disponibilités sur le marché a tendance à faire monter les prix qui n’ont pas rejoint leur niveau d’il y a dix ans.

«Nous avons constaté un premier raffermissement des prix en fin de campagne passée », a expliqué Michel Servage, au nom de la CFVDP, qui n’a pas changé son nom mais représente à présent les vins sans et avec indication géographique.
Mais il s’agissait de la première campagne des vins sans indication géographique et les opérateurs interprétaient les chiffres avec prudence : 300 000 hl seulement étaient mis en marché contre 600 000 sur cette campagne. Au cours des derniers mois, le raffermissement des prix – qui restent cependant inférieurs à ceux d’il y a dix ans – s’est confirmé. Les prix des vins rouges et rosés sans indication géographique (IG) sont identiques à ceux des vins avec indication géographique (IGP) de même couleur. Ce rattrapage est lié à une baisse des volumes sur le marché alors que la demande mondiale augmente.
« Aujourd’hui, certains produits font défaut et le négoce passe depuis quelques temps dans les vignobles pour réserver des volumes de la vendange à venir », a ajouté Michel Servage.
Il confirme une observation faite par les responsables professionnels lors du conseil spécialisé « vin » du 22 juin de FranceAgriMer : des viticulteurs reçoivent des offres d’achat de la prochaine vendange encore sur pied, les entreprises de l’aval ayant besoin de sécuriser leurs approvisionnements.

Il y a peu de vin de cépage sans IG en Europe
Au 31 juillet, les stocks seront plus bas qu’à la même date de 2010. « Sur les vins de cépages rouges et rosés à IGP, la liaison avec la prochaine campagne va être difficile », selon Michel Servage.
« Nous donnons pour consigne aux producteurs de continuer le rattrapage des prix. Il y a peu d’offre sur le marché dans cette catégorie en dehors de la France, l’Italie et l’Espagne produisent peu ce type de vin. Cela nous a été confirmé par Federdoc, le syndicat italien des producteurs de vin AOC », a-t-il poursuivi.
Signe des tensions existant sur le marché : des acheteurs de vins de cépage mondiaux, peu présents en France parce que les volumes réalisés ne sont pas assez importants, viennent y compléter leurs achats cette année. Michel Servage a encore ajouté que certains négociants achètent des vins de cépage destinés aux AOC, au prix de l’AOC, qu’ils déclassent en IGP pour assurer des volumes suffisants dans cette catégorie. Les Bordelais pourraient aussi déclasser 1Mhl à 1,5 Mhl en vin sans IG. Il n’y a sur le marché français que 4 à 5 Mhl de vins sans IG.
« Les consommateurs sont demandeurs de ces vins premier prix. L’Espagne qui en fournissait une bonne part, a arraché 120 000 ha. Ces produits d’entrée de gamme manquent, cela crée des tensions sur les prix », a fait savoir le président de la CFVDP.
Il a noté que le redressement de la situation de la viticulture est indispensable pour assurer sa pérennité et attirer de nouveaux viticulteurs en remplacement de ceux qui partiront prochainement à la retraite.
« La situation actuelle ne motive pas les jeunes. Depuis trois ou quatre ans, il y a peu d’installations. Dans le département de l’Aude par exemple, il y en avait une centaine par an en moyenne il y a quelques années. Mais on en installé que trois jeunes en 2010 et huit en 2011 », a regretté Michel Servage.

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