Loin d’être enterré, le grand plan national pour l’agroalimentaire promis en décembre dernier par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin est plus d’actualité que jamais. A l’en croire, le nouveau secrétaire d’Etat à l’Agriculture, Nicolas Forissier, se passionne pour le sujet. Il promet que le programme devrait être mis en œuvre à l’horizon 2007. Auparavant, un groupe de pilotage se verra confier la charge d’établir un diagnostic qui permette de dégager les grandes lignes d’action. Cinq pistes de réflexion sont suggérées : le renforcement des fonds propres des entreprises, la recherche et l’innovation, l’exportation, mais aussi l’attractivité des métiers, et la simplification et la lisibilité des règlements. Mais qu’en est-il des dossiers urgents, qui se posent ici et maintenant, et attendent solution ? S’il est vrai que le secteur agroalimentaire fait, dans son ensemble, plutôt bonne figure, certains secteurs sont loin d’être florissants. L’industrie de la viande bovine se porte mal, et certaines entreprises se trouvent en réelle difficulté. Du côté de la volaille, même si la peste aviaire fait couler moins d’encre et que les consommateurs devraient s’en trouver rassérénés, les échos du secteur sont pour le moins mitigés. Les clignotants de la consommation ne sont au vert ni sur le marché français, ni à l’exportation. Sans parler de la fameuse taxe d’équarrissage que les opérateurs ont du mal à digérer et qui constitue la goutte faisant déborder le vase. Alors qu’il est de plus en plus question de politique industrielle, il faut faire vite.