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Personne n’aurait pu prévoir, en ces temps dits de réchauffement climatique, que l’agriculture souffrirait à ce point d’un regain de froid et d’humidité. Le moment n’est pas à s’interroger sur la réalité du réchauffement. Celui-ci reste bien réel même s’il semble contredit par des phénomènes locaux dont il ne faut pas tirer des conclusions sur le long terme.
Cependant, la situation actuelle apporte une nouvelle preuve de l’instabilité des conditions dans lesquelles travaillent les agriculteurs. La volatilité a des causes multiples et notamment climatiques. Cette année, les décalages de mise à l’herbe des animaux, les retards de récolte des fruits et légumes de même que des céréales pourraient avoir des conséquences économiques graves. En fruits d’été, par exemple, les marchés risquent d’être déterminés et contrôlés par les importations des pays plus chauds aux récoltes plus précoces. Pour les céréales, le décalage dans les récoltes apporte une incertitude supplémentaire sur les volumes et les qualités produites.
La future PAC est-elle en mesure de gérer ce type d’aléas ? Pas vraiment. A moins de consacrer un maximum de soutiens à des produits d’assurance, ce qui ne semble pas le cas. Alors, la solution est nationale. Elle passe par la possibilité pour les interprofessions de parer aux aléas, de faire de la promotion de produits nationaux, d’organiser les mises en marché, etc. Les syndicats sont fondés à demander que la capacité de réguler les marchés, de manière privée, soit traitée par la loi d’avenir. Au fond, Stéphane Le Foll ne pourrait-il pas leur proposer le deal suivant : une adhésion à l’agroécologie contre des mesures efficaces sur la régulation ?