Cognac : chômage partiel chez Rémy Martin après les mesures chinoises
La maison de cognac Rémy Martin (filiale de Rémy Cointreau) a décidé de placer plusieurs centaines de salariés au chômage partiel une semaine par mois jusqu'en juin face aux mesures anti-dumping temporaires appliquées par la Chine, a appris l’AFP le 16 avril de source syndicale. C'est la première des trois grandes maisons de cognac (avec Hennessy et Martell) à appliquer une telle mesure face à la crise du secteur, très dépendant des exportations et fragilisé par les sanctions chinoises et la perspective de droits de douanes accrus aux États-Unis. Les deux tiers des quelque 390 salariés du site de Merpins (Charente) sont concernés par cet arrêt de l'embouteillage qui a débuté cette semaine, a précisé à l'AFP David Charrier, délégué syndical FO, confirmant des informations du quotidien Charente Libre. Les employés concernés verront leur salaire mensuel amputé de 7 %. Cette mesure est programmée pour trois mois, renouvelables « si la situation venait à perdurer », poursuit le syndicaliste. Les marchés chinois et américains représentent environ 80 % du chiffre d'affaires de Rémy Martin. Le directeur général de Rémy Cointreau Éric Vallat, en poste depuis cinq ans, a démissionné la semaine dernière de ses fonctions à la tête du groupe de spiritueux.
Agroalimentaire : l’avenir de trois unités Agromousquetaires suscite l’inquiétude (syndicat)
La CFDT Agri-Agro a fait part le 17 avril de « fortes inquiétudes pour les salariés des unités de production chez Agromousquetaires ». « Un projet de redéploiement sur trois ans » est en cours dans la branche agro-industrielle du groupement de distribution Intermarché, soulevant « un grand nombre d’interrogations », d’après le communiqué. Le syndicat dit n’avoir « aucune perspective » pour trois entités. À savoir, la société de filetage de poisson Capitaine Houat, « qui devait retrouver l’équilibre en 2025, et pour lequel aucune piste n’est avancée ». Également la conserverie Capitaine Cook, « dont le site de Clohars a été mis en vente depuis plus d’un an, sans reprise » pour l’heure. Enfin, le Fournil du Val-de-Loire (panification fraîche et viennoiserie industrielle), chez lequel « le nombre d’arrêts de production de références ne cesse d’augmenter et dont la concrétisation du projet de construction d’une nouvelle usine semble s’éloigner ». Le 10 juin 2024, la direction avait annoncé un « recentrage » de sa filière agro-industrielle. Thierry Cotillard, le patron des Mousquetaires/Intermarché, envisageait deux cessions, dont une usine Capitaine Cook à Clohars-Carnoët (Finistère) « spécialisée dans le surimi, de la nourriture ultra transformée qui n'est pas forcément l'axe stratégique qu'on prend ».
Volailles/traiteur : le rachat de Pierre Martinet par LDC validé sans conditions
L’Autorité de la concurrence a autorisé « sans conditions » le rachat du fabricant de produits traiteur Pierre Martinet (230 M€ de CA, 700 salariés) par le groupe volailler LDC, a-t-elle annoncé dans un communiqué le 17 avril. Après avoir consulté les clients des deux entreprises, l’Autorité « a écarté tout risque d’atteinte à la concurrence lié à l’opération sur les marchés concernés ». En particulier, l’instruction a montré que la grande distribution « conservera à l’issue de l’opération la possibilité de faire jouer la concurrence entre ses fournisseurs ». LDC ne sera pas « en mesure d’imposer ou de favoriser le référencement d’une gamme complète de ses produits au détriment de ses concurrents », a conclu l’autorité indépendante. Elle a aussi examiné l’impact potentiel en amont de la filière, LDC étant présent dans la fabrication d’ovoproduits et de produits transformés de volaille. Conclusion : le groupe sarthois dispose de « positions limitées » sur ces segments, ce qui permet « d’écarter tout risque de voir les concurrents du groupe Pierre Martinet privés d’un accès à ces intrants ». Quant aux concurrents de LDC, ils disposent « d’autres alternatives que le groupe Pierre Martinet pour leurs débouchés ». LDC avait annoncé le projet de rachat en mai 2024 ; désormais, « les deux parties se fixent pour objectif de finaliser cette acquisition d’ici fin mai », précise le leader français de la volaille (6,3 Md€ en 2024-2025) dans un communiqué.
Fruits et légumes/importations : bientôt des « visites de courtoisie » des producteurs en GMS
Les producteurs de fruits et légumes alertent les distributeurs « sur leur vigilance à privilégier l’origine France pour leurs approvisionnements », d'après un communiqué commun de Légumes de France et de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) diffusé le 17 avril. Les deux syndicats annoncent de prochaines « visites de courtoisie » dans les magasins afin de constater la provenance des fruits et légumes en rayon, en espérant y trouver l’origine France. Ils n’excluent pas de durcir le ton et leur action si ce n’était pas le cas. Les producteurs s’inquiètent que, en ce début de campagne de production française, de « trop nombreux produits d’importation présents en rayons, dans les supermarchés et autres magasins spécialisés ». « La guerre des prix alimente les importations et met en péril nos producteurs », martèlent les syndicats. Légumes de France et la FNPF rappellent par ailleurs que plusieurs productions sont actuellement « dans le rouge », comme les endives, les tomates cerises qui doivent faire face aux importations marocaines, ou encore la pomme. Et d’interpeller directement les distributeurs : « Il est temps d’honorer vos beaux discours de soutien à l’agriculture française ».
Truffes : le leader français veut recruter de nouveaux producteurs
Dans sa volonté de développer la production, la société Plantin, leader français de la truffe fraîche (deuxième en Europe), se tourne vers le monde viticole pour « recruter » de nouveaux producteurs : « Face à la baisse du prix des vignobles, marquée dans les Côtes du Rhône, il est essentiel d’explorer des alternatives durables et porteuses d’avenir », explique-t-elle. Elle entend les accompagner dans toutes les étapes du développement, depuis la plantation jusqu’à l’optimisation de la production : formation, aide à la sélection des plants truffiers, analyses de sol, etc., pour un engagement minimum de trois hectares. L’investissement initial porterait sur 20 000 €/ha, avec des étapes de ré-ensemencement en année 9 (2 400 €) et 10 (3 050 €). Le seuil de rentabilité interviendrait entre ces deux années, selon Plantin. De plus, la société s’engage à acheter les truffes tout au long de la saison, « en garantissant des achats au prix du marché, selon les qualités ». Elle avance ainsi un revenu annuel moyen à partir de la sixième année pendant 15 ans de l’ordre de 9 100 € dans un scenario de production faible (26 kg) et de 14 800 € dans un scénario de production moyenne (37 kg).
Coopératives : Maïsadour décroche le label RSE de niveau « exemplaire »
Trois ans après avoir obtenu le niveau « confirmé » du label Engagé RSE, Maïsadour a annoncé, le 9 avril, avoir décroché le plus haut niveau, dit « exemplaire ». Cette distinction valorise les actions déployées par le groupe pour « accélérer la transition agricole et alimentaire, préserver les ressources naturelles et améliorer les conditions de travail des collaborateurs et des adhérents ». Parmi les pratiques mises en avant : une montée en compétences des équipes au travers de formations, un bilan carbone structuré, des actions en faveur de la biodiversité (agroforesterie, plantation de haies, etc.) et de l’eau, la lutte contre le gaspillage alimentaire, le développement de nouvelles filières, des démarches en faveur de l’égalité professionnelle et de l’inclusion du handicap, etc. « Ces actions concrètes impactent directement les pratiques agricoles, industrielles et managériales », précise Christelle Forzy, directrice QHSE et développement durable de Maïsadour, citée dans le communiqué. Pour elle, « le changement de pratiques ne peut s’opérer qu’avec une approche globale et progressive, en embarquant l’ensemble des acteurs ». Une vision que le groupe reprend dans son projet Ambition 2030. Le label Engagé RSE implique un suivi tous les 18 mois et un renouvellement complet des notations tours les trois ans. (Anne Gilet)
Blé : exportations françaises dynamiques vers l’UE, en chute vers les pays tiers
En février, les exportations françaises de blé tendre ont progressé de presque 100 000 t sur un mois, la hausse vers l’Union européenne dépassant le recul observé vers les pays tiers, a indiqué FranceAgriMer le 16 avril. Toutes destinations confondues, l’Hexagone a expédié 708 000 t de blé tendre en février, contre 600 000 t le mois précédent. Un volume qui reste inférieur de 64 % au niveau de février 2024 (2 Mt), confirmant les difficultés d’écoulement de la maigre récolte 2024. Vers l’Europe, les envois sont « assez dynamiques », notamment vers l’Espagne, le Portugal ou la Belgique, note Habasse Diagouraga, chargé d’études à FranceAgriMer. En cumul depuis le début de la campagne, la France a exporté 6,42 Mt vers l’UE, selon les prévisions publiées en avril par l’organisme public (+145 000 t par rapport aux chiffres de mars). Mais avec 3,1 Mt, les expéditions vers les autres pays sont revues à la baisse de 100 000 t. « L’absence de l’Algérie et de la Chine pèse lourd », analyse M. Diagouraga, en raison d’une brouille diplomatique pour la première, et d’une récolte record pour la seconde. Autre évolution notable dans le bilan céréalier français : la progression du blé dans la fabrication d’alimentation d’animale au détriment du maïs, pénalisé par une forte présence de mycotoxines.
Importations alimentaires : cacao, soja et huile de palme ont l'impact le plus négatif
Le cacao, le soja et l’huile de palme sont les trois filières d’importations agricoles françaises ayant l’impact le plus négatif, selon une étude publiée le 17 avril et menée par le BASIC pour Greenpeace France, l’Institut Veblen et Max Havelaar France. Ce travail a analysé l’impact de treize importations agricoles à destination de la France sur les droits humains et l’environnement (climat, risque de déforestation, consommation d’eau). Chacune se voit attribuer un score (sur 21). Les moins bien notés sont donc le cacao (14), le soja (13) et l’huile de palme (12). Alors que les bananes (5), le thé ou les tomates (6 chacun) présentent l’impact jugé le plus faible. Les violations des droits humains (travail des enfants, travail forcé, salaires indécents) se concentrent sur six filières : cacao, vanille, riz, huile de palme, sucre de canne, café. Tandis que deux filières concentrent les principaux impacts sur l’environnement (cacao et soja), BASIC estime que, si elles sont correctement mises en œuvre, les nouvelles réglementations européennes sur la déforestation importée, le travail forcé et la directive sur le devoir de vigilance « sont de nature à prévenir » certains impacts négatifs. Les commanditaires de l’étude appellent également à « rejeter l’accord Mercosur, incompatible avec les objectifs européens en matière de justice sociale et climatique ».
Vin : le caviste Nicolas (groupe Castel) recrute une nouvelle d.g., Cathy Collart Geiger
Nicolas, propriété du géant mondial du vin Castel, a recruté l'ancienne patronne du spécialiste des surgelés Picard Cathy Collart Geiger au poste de directrice générale, selon un communiqué du 17 avril. Elle aura la charge de « renforcer le développement et le rayonnement de Nicolas, en France comme à l'étranger », indique le caviste. L’enseigne, qui se revendique « leader de la distribution de vin, champagne et spiritueux en France », compte 565 points de vente en France et dans une dizaine d'autres pays. La colonel de réserve de l'armée de l'air et de l'espace, âgée de 54 ans, « viendra notamment apporter son expérience de 30 années passées dans le secteur » de la distribution, de « chef de rayon à directrice d'hypermarchés » chez Auchan, Intermarché ou encore Boulanger, ainsi qu'à la tête de Picard. Elle y est restée trois ans, de 2020 à 2023, avant de quitter ses fonctions d'un « commun accord » avec l'entreprise, avait-elle affirmé au média LSA. Le syndicat FGTA-FO avait indiqué que les raisons d'une première rétrogradation de la dirigeante, qui avait quitté la direction générale de l'enseigne, était le fait d'une alerte de « membres du comité de direction et FGTA-FO » concernant « la souffrance des salariés ».
Négoce : Stéphanie Bureau prend la présidence du groupe Isidore
Après 43 ans passés à la présidence du groupe Isidore (110 M€ de chiffre d’affaires, 70 000 t de collecte), Dominique Isidore passe le relais à sa nièce Stéphanie Bureau, qui occupait, depuis 2009, le poste de directrice de l’activité céréales du négoce basé en Charente-Maritime. Dominique Isidore reste impliqué au sein de la société en tant que directeur général délégué. Si ce changement de présidence marque une nouvelle étape, Stéphanie Bureau « souhaite renforcer la position de la société sur le marché tout en préservant les valeurs familiales qui font notre force ». (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 21 avril 2025
Vendredi 18 avril
Conférence de presse de la région Paca sur son Plan Or bleu (eau)
Lundi 21 avril
Salon international de l'agriculture du Maroc, jusqu’au 27
Mardi 22 avril
Le Cese examine un avis sur l’accès à l’alimentation
Colloque de la Fnab (producteurs bio) sur la crise du marché de la bio, dans le Puy-de-Dôme
Mercredi 23 avril
Salon Medfel (fruits et légumes), à Perpignan, jusqu’au 24
Conférence de presse du Modef
Visioconférence du Planet-Score sur l’alimentation et la santé
Jeudi 24 avril
Visioconférence « Aquaponie et horticulture » de l’Astredhor (institut technique)
Assemblée générale du SGV Champagne (vignerons), à Épernay
Congrès du Modef, dans l’Averyon, jusqu’au 25
Assemblée générale de la Fnec (éleveurs de chèvres, FNSEA)