Amérique du sud : le géant des cryptomonnaies Tether va racheter la ferme Adecoagro
Le groupe nord-américain Tether, qui émet la « stablecoin » USDT, une cryptomonnaie dite « stable » parmi les plus anciennes et prisées du marché, a noué un accord le 26 mars avec la ferme sud-américaine Adecoagro pour en prendre le contrôle. Tether avait acquis l’an dernier 19,4 % des parts de cette méga-exploitation qui exploite divers domaines en Argentine, au Brésil et en Uruguay d’une surface totale de 435 000 ha (dont 210 371 ha en propriété). Elle possède également un élevage de 14 000 vaches laitières en Argentine, deux usines de produits laitiers et trois usines d’éthanol de canne à sucre au Brésil, selon Forbes Argentina. L’accord engage le groupe Tether à porter sa participation à au moins 51 % du capital d’Adecoagro. L’opération concerne le rachat de 49,5 millions d’actions au maximum, au prix unitaire de 12,41 $, pouvant porter jusqu’à 70 % la participation de Tether au capital d’Adecoagro en échange d’un apport de 615 M$. « Le groupe Tether investira cette année plus de 3 Md$ dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais aussi dans des actifs à valeur sûre comme les terres agricoles », selon le directeur général de Tether, Paolo Ardoino, cité par Forbes Argentina. (Marc-Henry André)
Taxes américaines : Trump certain d’un accord avec l’UE, mais à ses conditions
« Il y aura un accord commercial, à 100 %. » C’est ce qu’a déclaré Donald Trump le 17 avril, à l’issue de sa rencontre avec la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, sans pour autant donner de précisions sur le calendrier à ce stade. Très attendue en raison de sa proximité idéologique avec le locataire de la Maison Blanche, la dirigeante italienne n’a donc pas obtenu d’engagement concret de la part de Washington et a seulement évoqué l’hypothèse d’organiser une rencontre en Italie entre les dirigeants des deux côtés de l'Atlantique. Par ailleurs, le président américain précise aussi sa volonté de conclure « un accord juste » de son point de vue. Il faut dire que l’administration Trump ne cesse de remettre en cause « la fausse science » et « les affirmations non fondées » qui seraient utilisées par l’UE, notamment pour bloquer les importations agroalimentaires américaines vers le Vieux continent. En parallèle, la Commission européenne, qui dispose de la compétence exclusive pour négocier un accord commercial au nom des Vingt-sept, souhaite utiliser les 90 jours de trêve pour avancer dans les négociations. Pour l’heure, le cadrage semble encore flou, même si les normes sanitaires sont « une ligne rouge » pour Bruxelles.
Coopératives/volailles : dans l’Ain, la CoopBresseVolaille voit le jour
Interrogé par Agra Business quelques jours après l’assemblée générale du 11 avril, Jean de Balathier, directeur de la Coopération agricole Auvergne-Rhône-Alpes (LCA Ara), a évoqué les faits marquants des derniers mois. Parmi eux, la création d’une nouvelle coopérative, la Coopérative des éleveurs de volailles de Bresse, en abrégé CoopBresseVolaille, dirigée par Bénédicte Monceret – précédemment chargée de mission à la chambre d’agriculture de l’Ain – et qui rassemble à ce jour 66 associés. « Cette transformation vise avant tout à offrir une sécurité aux producteurs de l’AOP volailles de Bresse, en facilitant notamment les négociations avec les abattoirs », précise-t-il. Pour le prochain exercice, LCA Ara (120 coopératives ou filiales, 10 Md€ de chiffre d’affaires, 20 000 salariés) compte poursuivre le déploiement de son projet Coopeara, lancé en avril 2024, dont l’objectif est de développer la production de protéines végétales à base de soja, colza et tournesol pour l’alimentation animale, localement, afin de réduire les importations de soja. Un réseau de 57 fermes pilotes, en élevage, a été constitué pour mesurer la rentabilité de cet apport nutritionnel et identifier les marges de progrès. Trois usines de trituration portées par Nutralp, Oxyane et l’Ucal font partie du projet avec un potentiel de transformation de 70 000 tonnes de graines. (Anne Gilet)
Semences/sélection : face au réchauffement, priorité à la stabilisation des rendements (CTPS)
« Comment prendre en compte l’adaptation au changement climatique lors de l’inscription des variétés au catalogue national ? » C’est l’objet d’un rapport du CTPS (Comité technique permanent de la sélection) publié le 7 avril sur le site du ministère de l’Agriculture. Ces réflexions se basent sur des projections à l’horizon 2050, soit +2 à +3°C. Dans ce contexte, le travail de sélection variétale et le choix de nouvelles espèces constituent deux leviers d’action pour atténuer ces effets et/ou s’adapter au mieux. Des « traits d’intérêt » ont d’ores et déjà repérés pour une meilleure utilisation de l’eau, une plus grande résistance à la chaleur ou à la sécheresse. Si les interactions entre génotypes et environnement complexifient le travail de sélection, l’enjeu est de redéfinir les priorités, par espèce, pour passer de « l’amélioration du potentiel de rendement à une stabilisation du rendement par l’amélioration de la résistance aux stress abiotiques et à une meilleure utilisation des nutriments ». La filière semences est consciente que le « défi est majeur » et qu’il nécessitera des ruptures dans les modes de fonctionnement actuels et d’une possible réflexion à l’échelle européenne. (Anne Gilet)
Pommes : un robot cueilleur à quatre doigts détecte les défauts avant récolte (étude)
Une étude publiée en ligne et dans la revue Computers and Electronics in Agriculture de juillet s’intéresse à une solution « pionnière » de détection des défauts des fruits avant la récolte, avec une « précision de détection des défauts de la pomme de 98 % ». Sur le robot, chacun des quatre doigts de la pince de préhension est équipé d’une caméra, et leurs mouvements permettent de visualiser une large surface du fruit, pour ne récolter que les pommes de qualité. Il y a cependant des pistes d’amélioration. D’abord, l’algorithme repère les défauts de surface sans les classer. Or, distinguer « les coups de bec des oiseaux » ou « les infections virales », par exemple, « donnerait aux agriculteurs une meilleure idée de l'état de leurs cultures ». Ensuite, l'essai sur le terrain a été réalisé lors d'une « journée ensoleillée, avec une lumière naturelle intense », il faudrait donc réaliser d’autres tests « dans des conditions météorologiques variées ». De plus, « l'environnement complexe du verger, avec divers objets susceptibles d'interférer avec le système, indique que d'autres améliorations du matériel et du logiciel sont nécessaires pour augmenter l'adaptabilité ». Enfin, la vitesse pourrait être améliorée : elle est actuellement de 10,45 à 11,72 secondes par pomme, cueillette incluse (lire notre enquête parue en 2023).
Légumes transformés : les surgelés progressent en 2024, les conserves reculent en volume
Les ventes de légumes transformés en 2024 connaissent une évolution positive sur 2024, selon les derniers chiffres de Kantar pour l’Unilet (interprofession). Sur un ans, les Français ont en effet augmenté leurs dépenses de légumes surgelés de 5,6 % et de 1,2 % pour les légumes en conserve. En volume, les légumes surgelés enregistrent une progression notable de 3,2 % de leurs achats en 2024. Cette croissance est portée par les mono-légumes (particulièrement les courgette, +24 %) et les mélanges, alors que les légumes cuisinés et le bio sont pénalisés par le départ d’acheteurs, semblant traduire une sensibilité croissante au prix : « Ce sont d’ailleurs les marques de distributeurs qui se démarquent sur la catégorie, reflétant une recherche d’accessibilité », est-il indiqué. En revanche, les légumes en conserve, « pris dans un paradoxe », enregistrent une diminution de 2,6 % en volume. Hormis quelques exceptions, toutes les offres souffrent en termes de volumes. Les petits pois sont les seuls à tirer leur épingle du jeu, avec une progression de 0,4 % en 2024 comparé à 2023. D’une manière générale, les Français considèrent à une très large majorité les légumes transformés comme un moyen de consommer facilement des légumes : 93 % pour les conserves et 94 % pour les surgelés.
Pomme de terre primeur : bonne notoriété, méconnaissance des spécificités (étude)
La pomme de terre primeur conserve une bonne notoriété : en 2024 : 94 % des Français interrogés la connaissaient (un niveau stable depuis 2016), souligne une étude OpinionWay pour FranceAgriMer et le CNIPT (interprofession). Mais «les consommateurs connaissent de moins en moins ses caractéristiques – peau lisse et fine, petite taille, texture fondante – ainsi que la période à laquelle elle est présente sur les étals », précise-t-elle. Néanmoins, les achats sont orientés à la hausse sur une décennie (46 % en 2024, contre 41 % en 2014), avec une mixité dans les lieux d’achats : 53 % sont réalisés en GMS, 41 % au marché et 27 % en magasin spécialisé. Le prix des pommes de terre de primeur demeure le premier critère de choix (66 % en 2024, contre 57 % en 2021), suivi de l’origine du produit, en recul. « Quand l’origine est un critère d’achat, c’est l’origine française qui prime pour les acheteurs interrogés. Ils semblent moins regardants de la provenance régionale », souligne l’étude. La perception du rapport qualité/prix s’améliore par rapport à 2021 (34 % en 2024, 28 % en 2021), tout comme de son délai de conservation (34 % en 2024 au lieu de 26 % en 2021). Quant à l'aspect saisonnier, il constitue un motif d'achat pour 45 % des répondants, derrière le goût (64 %).
Agtech/foodtech : flambée des investissements dans certains pays en développement
Les investissements dans les start-up de l'agtech et de la foodtech (nouvelles technologies appliquées à l'agriculture et l'agroalimentaire) dans les pays en développement « ont atteint 3,7 milliards de dollars en 2024, soit une hausse remarquable de 63 % en glissement annuel ». C’est ce qu’indique le rapport 2025 sur les investissements globaux dans la technologie agroalimentaire publié par le média AgFunder le 16 avril. Et d’ajouter que le financement total dans les marchés en développement a représenté 23 % des investissements globaux dans ce domaine. Selon les auteurs du rapport, cette forte croissance est venue contrebalancer « la baisse de 4 % observée dans le secteur des technologies agroalimentaires à l'échelle mondiale ». Au niveau régional, ce sont principalement les pays d’Asie du Sud (+202 %, 2,6 Md$) et en particulier l’Inde (+215 %, 2,5 Md$) qui ont connu les plus forts gains. À noter que les start-up agroalimentaires du Mexique (+250 %, 97 M$), du Vietnam (+350 %, 87 M$) ou encore du Chili (+33 %, 58 M$) ont également levé plus de financements en 2024 qu'en 2023.
Consommation : un Français sur trois serait prêt à manger des algues (sondage)
Une étude d’Opinion Way pour l’entreprise allemande HelloFresh (fondée en 2011, 7,66 Md€ de CA), leader des box à cuisiner, s’intéresse à ce que les Français accepteraient d’intégrer dans leur alimentation pour la rendre plus durable. Résultats : 62 % sont prêts à consommer des ingrédients « innovants » ou rares, des cultures andines comme le lupin andin, avec une préférence pour les parties peu consommées des légumes communs comme les fanes et les tiges (38 %) ; 32 % se disent prêts à mettre des algues dans leur assiette et 13 % du cactus. L’étude révèle aussi leurs craintes concernant « l’alimentation du futur » : 95 % expriment au moins une inquiétude, avec en tête la hausse des coûts (57 %), la perte des traditions culinaires (39 %) et une baisse de qualité des aliments (34 %). « Il y a déjà eu des changements dans notre alimentation depuis 25 ans », commente dans un communiqué Laïla Dubois, directrice Produits et développement durable chez HelloFresh, « des légumes " oubliés " comme le panais ou le topinambour sont désormais adoptés par 28 % des Français, ou encore le quinoa, devenu un incontournable pour 26 % d’entre eux », tandis que 27 % « déclarent avoir intégré des repas végétariens à leur routine alimentaire ».