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Le gouvernement Barnier renversé, de nombreuses mesures agricoles en suspens

Le gouvernement de Michel Barnier est tombé: les députés de la gauche et du Rassemblement national ont conjointement adopté le 4 décembre une motion de censure à l'Assemblée, la deuxième seulement de l'histoire de la Ve République. Michel Barnier présentera ce 5 décembre à 10h sa démission au chef de l'Etat et ce dernier s'adressera aux Français à 20h. Si elle est acceptée, le gouvernement est dit démissionnaire, et ne gère plus que les affaires courantes. Un nouveau gouvernement devra proposer un nouveau budget d'ici la fin de l'année. Le PLFSS comportait plusieurs articles agricoles portant sur les retraites agricoles, le TO-DE, l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs, la taxe soda, la fiscalité sur les sucres ajoutés. Une éventuelle chute du gouvernement entraînerait aussi la fin de l’examen du projet de loi de finances pour 2025 (PLF). Il prévoyait une baisse des crédits du ministère de l’Agriculture pour la transition écologique, ainsi que plusieurs allègements fiscaux (transmission des exploitations, cheptel bovin, etc.) Le déploiement des prêts garantis par l'Etat pourrait aussi être affecté (voir dans ce numéro). En attendant la nomination d'un nouveau gouvernement, plusieurs textes pourraient prendre du retard: le projet de loi d'orientation agricole et les propositions de loi sur les Entraves, les épandages par drone, ou la Démocratie agricole. En l'absence de gouvernement, les textes peuvent seulement être examinés en commission. Cependant, les travaux de l’Assemblée nationale étant à ce jour ajournés, il est peu probable qu’ils soient inscrits.

Lait: le collège des producteurs «suspend ses travaux» au sein de l’interprofession

Le collège des producteurs «suspend tous ses travaux» au sein du Cniel (interprofession laitière) «tant qu’il n’y aura pas d’avancée sur la publication de l’indicateur Ipampa» (coût de production agricole), a expliqué son président Yohann Barbe (FNPL) à Agra Presse, le 4 décembre. Les laiteries privées (Fnil) s’opposent à la publication par le Cniel d’un indicateur actualisé. «Le bureau du Cniel s’est mis d’accord en juin pour faire évoluer cet indicateur et a passé commande auprès de l’Idele [institut de l’élevage, ndlr] pour créer un indicateur qui prenne en compte toutes nos charges», indique Yohann Barbe. Cependant, le collège des industriels privés considère qu’il ne s’agit pas d’un indicateur interprofessionnel et que «la prétendue validation sortie de ce bureau n’a pas de portée», explique le président-directeur général de la Fnil, François-Xavier Huard. Dans l’attente d’une «réouverture globale du sujet du prix de revient», la Fnil demande que le nouvel Ipampa, dont elle conteste la méthodologie, soit uniquement publié par l’Idele. «C’est impensable à l’heure des négociations commerciales», affirme Yohann Barbe. Contacté, le collège des coopératives laitières n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. Par ailleurs, le dossier de l’indicateur beurre-poudre, sur lequel le Cniel butte depuis plus d’un an, est toujours bloqué. 

Lait : un fromage artisanal brésilien au patrimoine immatériel de l'Unesco

Les modes traditionnels de fabrication d'un fromage artisanal de l'État brésilien de Minas Gerais (sud-est) ont été inscrits le 4 décembre au patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco. Ce fromage à base de lait cru de vache est connu sous le nom de Queijo Minas (Fromage Minas), allusion au nom de l'État à forte tradition minière et agricole où il est produit, le deuxième le plus peuplé du Brésil, avec plus de 20 millions d'habitants. C'est aussi le premier État producteur de lait et de fromage du pays sud-américain, puissance agricole de premier plan. Le Queijo Minas artisanal est produit le plus souvent par des «agriculteurs familiaux (...) dans de petites exploitations rurales» nichées dans des collines verdoyantes, selon le dossier de candidature déposé à l'Unesco, réuni cette semaine à Asuncion, au Paraguay. Environ 9 000 producteurs fabriquent ce fromage de façon artisanale dans le Minas Gerais. Il s'agit du septième bien culturel brésilien inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité, au même titre que la capoeira ou le frevo, rythme traditionnel du carnaval de Recife (nord-est). Mais c'est la première fois qu'une denrée alimentaire de ce pays entre dans cette liste, qui comprend par exemple la pizza napolitaine ou le ceviche péruvien.

Nutrition animale : l’expert MG2Mix intègre un spécialiste du gibier à plumes

La firme-service en aliments pour animaux d’élevage MG2Mix est devenue actionnaire principale du spécialiste en petit gibier Arthamès, informe son directeur général Vincent Gerfault. «Cette entreprise de trois salariés se porte très bien sur un marché de niche à valeur ajoutée d’environ 100 000 tonnes d’aliments», souligne-t-il, précisant : «son dirigeant reste en place. Il garantit la pérennité de son entreprise en nous confiant son capital. Il s’ouvre aussi des perspectives d’export au Royaume-Uni». L’intérêt de MGMix est d’ajouter des espèces animales sauvages aux espèces domestiques – porc, bovins, volailles, lapin, cheval... - dont la firme est déjà experte. Cette petite croissance externe fait exception dans la stratégie historique de MG2Mix, dont l’expansion repose sur la croissance organique, «de 20% en 2023 et ce sera 20% aussi en 2024», précise le DG. Une croissance en production qui va se poursuivre grâce à la réorganisation du capital annoncée cet automne. Cette réorganisation s’opère autour des cadres clés pour l’avenir avec l’entrée d’un nouvel actionnaire, l’investisseur en agroalimentaire Cerea Partners. «Nous pérennisons le savoir-faire français en nutrition animale qui est très riche», souligne Vincent Gerfault.

Déforestation: accord des institutions européennes sur un report d'un an

Les États membres et le Parlement européen ont trouvé dans la soirée du 3 décembre un accord visant à repousser d’une année la date d’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre  la déforestation. Le règlement s’appliquera donc à partir du 30 décembre 2025. Contrairement à ce que demandait le Parlement européen (sous la poussée des groupes politiques de droite notamment du PPE), aucun changement de fond n’a été apporté au texte. La Commission européenne s'est seulement engagée à finaliser le système d'information et le dispositif de classification des risques au plus tard six mois avant l’entrée en vigueur. Et dans le cadre du réexamen du règlement prévue mi-2028, Bruxelles analysera des mesures supplémentaires pour réduire la charge administrative. Les ambassadeurs des États membres ont validé dès le 4 décembre cet accord. Les eurodéputés de la commission de l’Environnement en ont fait de même. Reste au Parlement européen à donner son feu vert définitif en plénière le 17 décembre. Le règlement sur la déforestation établit des règles pour garantir que les produits dérivés de certaines matières premières (café, cacao, huile de palme, soja, bétail, caoutchouc et bois), qui sont mis sur le marché ou exportés depuis l’UE, n’ont pas causé de déforestation ou de dégradation des forêts pendant leur production.

Petfood: Mars Petcare double la capacité de son usine de Saint-Denis de L’Hôtel

Le fabricant d’aliments pour animaux de compagnie Mars Petcare France (Pedigree, Whiskas, Sheba) a investi 120 millions d’euros sur trois ans pour moderniser et agrandir son site de production de Saint-Denis-de-l’Hôtel dans le Loiret, indique le groupe dans un communiqué du 2 décembre. Les travaux comprennent la rénovation des bureaux et l'extension de l’usine. L’entreprise vient, en effet, d’inaugurer un nouvel atelier équipé de deux lignes de production. Il sera consacré à la production d’aliments humides, conditionnés en boîtes et en sachets fraîcheur, pour la marque Royal Canin. Ces produits étaient «jusqu’alors fabriqués à Brück, en Autriche», explique le communiqué. «Les produits issus de l’atelier sont destinés aux marchés européens», est-il précisé. Avec ces deux nouvelles lignes, le site de Saint-Denis-de-l’Hôtel doublera quasiment, à terme, sa capacité de production. L’usine est dotée «d’une capacité annuelle de plus de 50 000 tonnes» et le nouvel atelier l’augmente de 44 000 tonnes. Mars Petcare précise à Agra Business que «50% des céréales et 35% des protéines animales destinées à l'usine de Saint-Denis-de-l’Hôtel sont approvisionnées dans le même département (Loiret)». Les investissements réalisés portent également sur «la digitalisation des processus et à l’utilisation d’énergies renouvelables». 

Coopératives : «affaibli», Vivadour mise sur les contrats et les protéines végétales

Dans son rapport d'activité envoyé le 3 décembre à l’issue de ses assemblées de sections, le groupe coopératif Vivadour fait état d’une rentabilité «affaiblie» au titre de l’exercice 2023-2024. «Nous avions envisagé pour l'exercice précédent un résultat négatif qui a finalement (...) pu terminer positif. Cette précision s'est donc décalée en 2023-2024 et par conséquent sur le résultat de l'exercice s'en trouve affecté», indique le directeur général Jérôme Candau. Constatant sa fragilité dans les grandes cultures et la viticulture, il compte renforcer ses liens contractuels régionaux dans ces deux activités et il s’engage dans les protéines végétales texturées. Dans le rapport d’activité mis en ligne, le directeur général estime que les activités grains et vin «restent très exposées aux fluctuations du marché mondial» et qu’elles nécessitent d’«accélérer le développement des marchés contractuels». Parmi les contrats qui seront proposés en 2025 la coopérative prévoit 500 à 600 hectares de pois et de soja à destination d’un outil de texturisation des protéines qui sera opérationnel au second semestre 2025. Le groupe a investi dans cet outil nommé Texipro «en partenariat avec un acteur régional de la distribution agroalimentaire» pour produire des ingrédients destinés à l’industrie alimentaire et la restauration. 

Coopératives : bilan à l’équilibre pour Océalia, dans un contexte chahuté

Avec un chiffre d’affaires de 932,6 M€ (- 114,4 M€ sur un an) et un résultat net de 0,4 M€, Océalia (7000 adhérents, 1600 salariés) a présenté, en conférence de presse le 4 décembre, le bilan d’un exercice 2023/24 «chahuté» : baisse du prix des ventes des céréales et des intrants ; hausse du cout de l’énergie et des intérêts financiers ; problèmes sanitaires en élevage ; activité jardinerie en retrait et coup d’arrêt sur les exportations de cognac. «Avec un recul de 120 M€ de son CA, à 627,8 M€, la coopérative conserve également un résultat net positif de 0,3 M€», note Mathieu Staub, le directeur général. Dans le pôle agroalimentaire (CA de 140 M€), l’innovation autour du pop-corn et des graines apéritives dope les volumes commercialisés. Les filiales contribuent à 63% de l’EBE (rentabilité) du groupe, tandis que leur chiffre d’affaires ne pèse que 36%. Le président Denis Mathé a évoqué plusieurs projets: la mise en service d’une usine de trituration de graines de colza, tournesol et soja, d’une capacité de 20 000 t à Pamproux dans les Deux-Sèvres ; la reconstruction, «d’ici deux ans», de l’usine de pop-corn de St Genis de Saintonge (17) incendiée en juillet 2024 ou encore, l’étude d’une filière cacahuètes. Avec une moisson 2024 en net retrait (930 000 t, contre 1,3 Mt en 2023), le prochain exercice s’annonce compliqué mais le groupe se veut «optimiste» avec l’envie de conquérir de nouvelles parts de marché. (Anne Gilet)

Cognac : Océalia contrainte d’engager un plan de licenciement

«Ces derniers mois, nous avons rencontré de fortes difficultés au sein de notre filière cognac», a indiqué Mathieu Staub, directeur général du groupe Océalia (932,6 M€ de CA dont 19,2 M€ pour le pôle vins et spiritueux, en retrait de 4 M€), lors d'une conférence de presse le 4 décembre. «80% de nos volumes partent vers les États-Unis et la Chine (40/40). Aux États-Unis, nous avons subi le déstockage drastique de nos importateurs et de nos distributeurs, amplifié par une hausse des taux d’intérêt et une baisse de la consommation du cognac au profit de la Tequila et des Ready to Drink.» Le directeur général reconnaît que pour la Chine, c’est un «problème structurel, dû à notre approche commerciale inadaptée» qui a fait reculer les ventes. Le groupe n’a pas eu d’autre choix que de mettre en place un plan de licenciement qui a concerné 16 des 46 salariés du site de St-Germain-de-Lusignan (17), siège de la Maison Ansac, marque phare du groupe : il possède également les marques Jules Gautret et AE Dor. Pour la récolte 2024, 73 000 hl ont été récoltés, chez 250 adhérents-viticulteurs, contre 125 000 hl en 2023. Pour relancer l’activité, le groupe planche sur de nouvelles recettes de cocktails, avec des saveurs originales, concoctées à base de produits locaux comme le melon. Océalia distille également du whisky, avec l’objectif de proposer à la vente les premières bouteilles en 2026. (Anne Gilet)

Vin : un marché du bio «sous tension» après de fortes conversions

Le marché du vin biologique apparaît «sous tension» après de fortes conversions ces dernières années, a indiqué le 4 décembre l’interprofession SudVinbio. «Aujourd’hui, le marché du vin bio n’est pas à l’équilibre : il y a beaucoup plus d’offre que de demande», a déclaré le président Nicolas Richarme. «C’est l’importance des conversions ces dernières années qui crée un décalage. La commercialisation n’a pas progressé assez vite pour absorber tous les vins bio arrivant sur le marché.» En 2023, le secteur a vu ses ventes augmenter de 6% en volume (à 2 672 Mhl), de 7% en valeur (à 1 569 M€). Les surfaces en conversion ont grimpé de 1,6 % (à 171 265 ha) l’an dernier, après des hausses de 5,4 % en 2022 et de 17,2 % en 2021. Cette dynamique est alimentée notamment par la commercialisation en vente directe (+14,3 % en valeur) et chez les cavistes (+12,4 %), deux circuits plus empruntés en vin bio qu’en vin conventionnel (respectivement 34,5 % des volumes contre 11 % et 15,5 % contre 8 %). Moins prisée, la GMS (23 % des volumes en vin bio contre 51 % en vin conventionnel) affiche des ventes de baisse (-4,6 % en valeur sur 2023). «La grande distribution va faire partie des principaux débouchés, si on veut arriver à commercialiser tous les volumes arrivés en vin bio après les conversions massives des trois dernières années.»

Bières : le brasseur danois Carlsberg cède ses activités en Russie

Le brasseur danois Carlsberg a annoncé le 3 décembre la cession de ses activités en Russie, au lendemain de la signature d'un décret par Vladimir Poutine retirant ces activités de la liste des actifs gérés par l'Etat russe. «Il s'agira d'un rachat par les cadres. Le nouvel actionnaire de contrôle de Baltika Breweries sera une société détenue à parts égales par deux salariés de longue date de Baltika, qui occupent actuellement des postes de direction dans l'entreprise», a précisé le groupe danois dans un communiqué. Carlsberg avait annoncé en mars 2022 sa décision de quitter la Russie à la suite de l'invasion de l'Ukraine, mettant en vente ses importantes activités dans le pays qui comptaient alors 8.400 salariés. En juillet 2023, les actions de Baltika, son activité en Russie, avaient été placées "temporairement" sous le contrôle de l'Etat russe, le PDG du groupe danois Jacob Aarup-Andersen estimant alors que Carlsberg avait été "volé". Si le montant de cette cession n'a pas été dévoilé par Carlsberg dans son communiqué, la Russie avait renforcé début octobre ses critères concernant ces opérations. La décote du prix de vente par rapport à la valeur de l'actif est ainsi passée de 50 à 60% et la taxe de sortie à payer au budget fédéral a été rehaussée à 35% (contre 15% auparavant), un moyen de dissuader les entreprises occidentales de vendre.

Betteraves à sucre: la CGB s'attend à un reflux des surfaces l'an prochain

«Si les charges restent à ces niveaux, la surface française de betteraves va baisser l'an prochain», a prédit Franck Sander, le président de la CGB (betteraviers, FNSEA), à l'occasion d'une conférence de presse le 4 décembre, dans un contexte de charges élevées et de redescente des prix du sucre, après des prix record l'an passé. «Nous étions autour de 400 000 hectares sous les quotas, nous avons connu une courte embellie à la sortie, à 480 000 ha, avant de descendre à 370 000 hectares, a retracé Franck Sander. Après avoir remonté à 410 000 hectares l'an dernier, je crains que nous repassions sous les 380 000 hectares.» Si la filière a connu des «prix historiques» l'an passé, à plus de 50 €/t, le retournement du marché du sucre européen, en raison notamment des importations ukrainiennes, pourrait dissuader certains agriculteurs qui font face à des charges «historiquement élevées (environ 3000 €/ha en 2024, contre 2600 €/ha en moyenne entre 2019 et 2029)». Avec le rendement moyen atteint cette année (79 t/ha), le coût de revient se situe autour de 37,5 €/t, calcule la CGB. Or, les rendements et les prix sont tous les deux dans une dynamique baissière.

Oléagineux: flambée inédite des cours de l'huile de palme

Le cours de l'huile de palme a bondi ces derniers jours sur le marché asiatique, sous l'effet de pluies diluviennes en Malaisie et du projet indonésien d'augmentation de sa production d'agrocarburants.  Le prix de cette huile a atteint mardi son plus haut niveau depuis 29 mois, à 5.390 ringgits la tonne (environ 1.200 dollars) à la Bourse de Kuala Lumpur (Malaisie), principale place de cotation de cet actif. «C'est la première fois que l'on voit l'huile de soja américain moins chère que l'huile de palme d'Asie du Sud-Est. C'est inédit», a déclaré à l'AFP Antoine de Gasquet, président de la société de courtage en huiles Baillon-Intercor. Plusieurs facteurs expliquent la brusque remontée des prix de cette huile, restée longtemps la moins chère du marché, comparée aux huiles tirées des grains de soja, colza ou tournesol. La Malaisie, qui assure avec l'Indonésie plus de 80% de la production mondiale d'huile de palme (environ 80 millions de tonnes par an), a été frappée par des pluies torrentielles ces derniers jours. Des pluies ont également touché l'île de Sumatra, qui assure près de la moitié de la production indonésienne d'huile de palme. 

Climat : un outil de Météo-France simule les évolutions des dates de maturité des cultures

Le service météorologique Météo-France, avec l’association Solagro, propose désormais 250 indicateurs dans son outil Climadiag Agriculture destiné à aider les agriculteurs à visualiser les effets du changement climatique sur leur activité, a-t-il annoncé le 4 décembre. Créé il y a deux ans, le portail s’est étoffé pour permettre aux agriculteurs et aux conseillers agricoles de calculer, par exemple, l’évolution de la température moyenne annuelle ou de la pluviométrie dans une zone donnée à différents horizons temporels (2010, 2050, 2100). Il est ainsi possible de simuler les modifications des stades de développement d’une culture en particulier, dans un contexte où les cycles de développement raccourcissent avec l’augmentation des températures. À titre d’exemple, l’outil estime une date de maturité du blé tendre le 2 juillet en 2030, contre une date de maturité au 6 juillet en 2010. Climadiag Agriculture permet également d’évaluer les conséquences du stress thermique sur les animaux comme les porcs ou les ovins. L’outil s’appuie sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) retenue par le gouvernement. «Nous partons de l’hypothèse qu’il faut se préparer à un réchauffement de 2 degrés en 2050 et de 3 degrés en 2100 au niveau mondial», précise Sophie Martinoni, directrice de la climatologie et des services climatiques chez Météo-France, lors d’un point presse, auprès de l’AFP.

Pesticides: la justice déboute l'ancienne fleuriste dont la fille est décédée

La cour d'appel de Rennes a débouté le 4 décembre les parents d'une fillette de 11 ans morte d'une leucémie liée à l'exposition de sa mère, alors fleuriste, aux pesticides pendant sa grossesse et qui réclamaient une indemnisation au nom du préjudice subi par leur fille. La cour «déclare irrecevables les demandes» des parents «agissant en qualité de représentants légaux de leur fille mineure». En revanche, elle confirme leur indemnisation «à la somme de 25.000 euros chacun en réparation de leur préjudice moral», qui leur avait été proposée par le Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides (FIVP). Elle fixe en outre «l'indemnisation des frais d'obsèques à 2.500 euros». Emmy Marivain, 11 ans, est morte d'une leucémie le 12 mars 2022. Sa mère, Laure Marivain, a été exposée dès ses 20 ans à de nombreux herbicides dans le cadre de sa profession de fleuriste et grossiste en fleurs, notamment en nettoyant «les taches bleues et jaunes» sur les plantes recouverts de pesticides qu'elle réceptionnait en grande quantité. La famille, qui vit en Loire-Atlantique, a engagé une procédure devant le Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides (FIVP). Elle a obtenu «la reconnaissance du lien entre l'exposition aux pesticides et la leucémie en juillet 2023», rappelle l'association Phyto-victimes, qui soutient la famille, dans un communiqué. Le FIVP a proposé 25.000 euros d'indemnité à chacun des parents.

Machinisme : JCB nomme un nouveau directeur général en France

JCB, constructeur de machines pour le BTP, l’agriculture et l’industrie, a annoncé le 2 décembre la nomination de Renaud Dehillotte comme directeur général de sa filiale en France. Il prend le relai de José Luis Goncalves, qui a assuré l’intérim depuis le départ du précédent DG Philippe Girard en mars. Renaud Dehillotte a mené une partie de sa carrière chez Daf. Entré en 2003 chez le spécialiste des poids lourds, il a occupé plusieurs postes de direction, dans la vente, les finances, le marketing, avant d’être nommé directeur général de Daf France en 2021. «L’industrie du poids lourds a de nombreux points communs avec nos métiers du BTP et de l’agricole», souligne José Luis Goncalves, cité dans le communiqué.

Fruits et légumes : Christel Teyssèdre, renouvelée à la présidence d’Aprifel

Christel Teyssèdre, présidente de Saveurs commerce (détail fruits et légumes)  a été renouvelée au poste de présidente d’Aprifel (recherche et information en fruits et légumes) lors l’assemblée générale élective du 3 décembre à Paris. Elle est à la tête de l’agence depuis 2014. L’assemblée générale a également permis d’élire les nouveaux administrateurs et le bureau de l’association. Alain Kritchmar (importateurs) à la vice-présidence, André Bouchut (confédération paysanne) au secrétariat et Georges Daniel (FCD) comme trésorier. Aprifel a pour mission d’ informer, sur base scientifique, le plus grand nombre sur les enjeux d’une alimentation saine et durable, avec des fruits et légumes. 

Céréales/port de Rouen : Philippe Lestrade, futur directeur général de Sénalia

Philippe Lestrade succèdera à Gilles Kindelberger au poste de directeur général de Sénalia le 1er juillet 2025 : ce dernier faisant valoir ses droits à la retraite après dix années passées à ce poste. Didier Verbeke, le président de Sénalia l’a annoncé le 4 décembre à l’issue du conseil d’administration. Une période de tuilage est prévue entre les deux hommes à partir du début de mois de février. À 49 ans, Philippe Lestrade a eu plusieurs expériences dans des compagnies maritimes, notamment en Afrique. En 2015, il prend la direction de MSC France. (Anne Gilet)